Positionnement gauche/droite et libéral/étatiste, coloré selon la position sur l’Union européenne
Une démarche originale
Ce graphique positionne 18 personnalités évoquées pour l’élection présidentielle française de 2027 sur deux axes :
- Axe horizontal : gauche (progressisme, égalité) vs droite (conservatisme, ordre).
- Axe vertical : libéral (initiative privée, modération fiscale) en haut vs étatiste (intervention de l’État, dépense publique) en bas.
La couleur indique la position vis-à-vis de l’Union européenne : bleu pour une ligne pro-UE (travaillant, y compris de façon critique, dans le cadre des institutions et traités actuels), corail pour une ligne eurosceptique ou anti-UE (remise en cause de l’intégration européenne, appel à la « désobéissance » aux traités ou à une réduction drastique des pouvoirs de l’UE). Ce recodage fait apparaître un clivage « en fer à cheval » : les extrêmes gauche et droite se rejoignent sur l’euroscepticisme, tandis que le centre de l’échiquier reste uni sur l’UE malgré de fortes divergences économiques par ailleurs.
Le placement repose sur les programmes, déclarations publiques, votes et bilans gouvernementaux de chaque personnalité, recherchés et vérifiés au fil de la construction du graphique. Il ne s’agit pas d’une mesure scientifique : la classification politique est par nature une simplification, sujette à débat, et ce document assume un point de vue personnel plutôt qu’une neutralité impossible à garantir sur un tel sujet. Plusieurs positionnements ont été révisés en cours de construction à la suite d’un examen plus approfondi des faits — le détail de ces ajustements est repris ci-dessous pour chaque personnalité.

Positionnement détaillé et sources par candidat potentiel
Jean-Luc Mélenchon · La France insoumise — gauche radicale, fortement étatiste · Eurosceptique / anti-UE
Quadruple candidat à la présidentielle, il incarne la ligne de rupture de la gauche radicale, avec un programme fondé sur une intervention économique et sociale très large de l’État, et une doctrine de « désobéissance » aux traités européens.
- Confirmation de sa quatrième candidature en mai 2026 sur TF1.
- Public Sénat, débat sur la « désobéissance » aux traités européens au sein de la gauche (colloque F. Kalfon).
Fabien Roussel · Parti communiste français — gauche radicale, étatiste · Eurosceptique / anti-UE
Ligne traditionnelle du PCF : forte intervention économique de l’État et critique historique des traités européens (Maastricht, règles budgétaires de l’UE).
- Positionnement historique du PCF sur l’Union européenne.
François Ruffin · Mouvement Debout — gauche populaire, étatiste · Eurosceptique / anti-UE
Ancien député LFI, il a rompu avec Jean-Luc Mélenchon en 2024 et se revendique « social-démocrate », avec une ligne centrée sur le pouvoir d’achat populaire (« premier président au SMIC »). Il reste toutefois critique du libre-échange et de l’impact désindustrialisant des accords commerciaux européens.
- Slate, « Comment François Ruffin s’est retrouvé marginalisé à gauche », 2026.
- Public Sénat, colloque sur l’Europe à gauche vingt ans après 2005 : F. Ruffin évoque « l’effondrement de la base industrielle à cause du libre-échange ».
Marine Tondelier · Les Écologistes — gauche, étatiste · Pro-UE
Candidate officielle des Écologistes, parti historiquement très pro-européen. Elle porte un projet de « bouclier social et environnemental » couvrant les postes de dépenses les plus importants des Français, traduisant une approche nettement interventionniste.
- Annonce de candidature au Nouvel Obs, octobre 2026 ; programme détaillé dans « Demain, si tout va bien… ».
Olivier Faure · Parti socialiste (premier secrétaire) — gauche, étatiste · Pro-UE
À la tête du PS, il pousse pour une plateforme unitaire « de François Ruffin à Raphaël Glucksmann », avec une rhétorique volontiers interventionniste (opposition aux « forces de l’argent », service civique universel, régulation de l’installation des médecins). Le PS reste une force pro-européenne établie.
- Public Sénat, « Congrès du PS : Olivier Faure espère gagner avec toute la gauche la bataille de 2027 ».
- Europe1, « Congrès PS : Olivier Faure propose une plateforme commune de la gauche non mélenchoniste ».
Ségolène Royal · Parti socialiste — gauche modérée, étatiste · Pro-UE
Ancienne ministre et candidate à la présidentielle de 2007, elle se présente à la primaire socialiste 2027 sur une ligne d’« ordre juste » (éducation, santé, sécurité), d’urgence climatique et énergétique — dans la tradition social-démocrate classique du PS, parti pro-européen.
- LCP, « Présidentielle 2027 : Ségolène Royal annonce sa candidature à la primaire socialiste », juillet 2026.
François Hollande · Parti socialiste — gauche modérée, position mixte · Pro-UE
Ancien président, il occupe une position de gauche modérée sur le plan économique : hausses d’impôts en début de mandat (2012-2014), tournant plus favorable aux entreprises ensuite (CICE, pacte de responsabilité). Fortement pro-européen durant son quinquennat.
- Analyse de son bilan économique de quinquennat (2012-2017).
Raphaël Glucksmann · Place publique / social-démocratie — gauche modérée, libéral de gauche · Pro-UE
Positionné dans l’espace social-démocrate, il revendique une ligne allant « de la droite de Mélenchon à la gauche de Macron ». Il a débuté sa carrière politique en 2007 sous l’étiquette du parti libéral « Alternative libérale » avant de rejoindre la gauche modérée ; sa ligne actuelle est qualifiée de « sociale-libérale ». Eurodéputé, il est l’une des voix les plus fermement pro-européennes du paysage politique français.
- Politis, « Raphaël Glucksmann reconduit une ligne sociale-libérale par la timidité sociale de son programme », 2026.
Gabriel Attal · Renaissance — centre · Pro-UE
Ancien Premier ministre, né politiquement à gauche (militant PS dans sa jeunesse), identifié comme centriste avec des positions sociétales progressistes, mais nettement durci sur la sécurité et l’immigration depuis 2024. Bilan économique pro-marché (« dépenser moins, dépenser mieux », réforme des retraites). Le camp macroniste est un pilier de l’intégration européenne.
- Déclaration de candidature, mai 2026 (Reuters/AFP).
- Analyse de Pascal Perrineau sur son déplacement « vers la droite sans complexe », RCF, janvier 2024.
Édouard Philippe · Horizons — centre droit · Pro-UE
Issu des Républicains, il se revendique du « centre droit », libéral sur l’économie et ferme sur les sujets régaliens. Pro-européen, dans la continuité de la ligne macroniste.
- Portrait Slate.fr, « Présidentielle 2027 : la (très, très) longue liste des candidats déclarés… ».
Xavier Bertrand · Nous France (ex-LR) — droite, gaulliste social · Pro-UE
Il se définit comme « un homme de droite sociale, gaulliste » : fermeté sur le régalien (sécurité, immigration, justice) mais décentralisation pour le reste, et propositions redistributives (salaire plancher à 1 500 € net). Position économiquement plus étatiste que Retailleau ou Lisnard. Reste attaché au cadre européen tout en réclamant plus de marge de manœuvre nationale sur l’immigration.
- Europe1, « Présidentielle 2027 : Xavier Bertrand a bien l’intention d’être candidat ».
- Echo du Mardi, « Xavier Bertrand : je veux mettre en place une République des territoires ».
Bruno Retailleau · Les Républicains — droite, libéral · Pro-UE
Président des Républicains, il a fait de la rupture avec le « modèle social-étatiste » l’axe de son projet économique : non-remplacement des départs à la retraite dans la fonction publique, plafonnement des aides sociales, durcissement de l’assurance chômage. Sur l’UE, il pousse pour un durcissement de la politique migratoire européenne depuis l’intérieur des institutions (Conseil de l’UE), sans remettre en cause l’appartenance à l’Union.
- Europe1, « Présidentielle 2027 : Bruno Retailleau dévoile les grandes lignes du projet économique des Républicains », 2026.
- Euronews, « Bruno Retailleau, the radical voice of the French government on home affairs », 2024.
David Lisnard · Les Républicains — droite, très libéral · Pro-UE
Maire de Cannes, qualifié de « dernier gaulliste-libéral » de la droite. Cosigne une tribune avec l’économiste libéral Jacques Garello (ALEPS) dénonçant le « social-étatisme » français et proposant une baisse forte de la dépense publique et de la fiscalité des entreprises.
- Tribune coécrite avec Jacques Garello, JDD, janvier 2025.
- Journal de l’Économie, « David Lisnard : le dernier gaulliste-libéral face à la trahison de la droite ».
Marine Le Pen · Rassemblement national — droite nationale, étatiste · Eurosceptique / anti-UE
Cheffe de file du RN, ligne de droite sur les questions identitaires et migratoires combinée à un programme économique protectionniste et redistributif. Le RN reste critique de l’intégration européenne (« Europe des nations »), sans porter aujourd’hui un discours de sortie de l’UE.
- Sondage Ifop-Fiducial pour Sud Radio sur les intentions de candidature 2027.
Nicolas Dupont-Aignan · Debout la France — droite souverainiste, étatiste · Eurosceptique / anti-UE
Programme construit autour d’un « État stratège » : protectionnisme douanier, quotas de commande publique réservés aux produits français, plan de relance non financé selon une analyse de la Fondation Concorde. Ligne souverainiste critique de l’UE de longue date.
- Analyse du programme économique par la Fondation Concorde.
Éric Zemmour · Reconquête — droite nationale · Eurosceptique / anti-UE
Son programme 2022 combinait baisses d’impôts pour les entreprises et importantes dépenses nouvelles en pouvoir d’achat, pour un effet net creusant le déficit (+145,8 Md€/an selon l’Institut Montaigne) — un profil plus mesuré sur l’axe libéral que sa porte-parole Sarah Knafo. Ligne eurosceptique historique (critique de Maastricht).
- Chiffrage du programme 2022 par l’Institut Montaigne.
Éric Ciotti · Union des droites pour la République (alliée RN) — droite nationale, libéral · Eurosceptique / anti-UE
Ancien président des Républicains, il a rompu avec LR en 2024 pour s’allier à Marine Le Pen et fonder l’UDR. Programme économique nettement libéral : suppression de 250 000 postes de fonctionnaires, retour aux 39h, quasi-suppression des droits de succession, baisse de l’impôt sur les sociétés. Aligné sur la ligne eurosceptique du RN depuis son ralliement.
- Vikidia, fiche « Éric Ciotti », section positions économiques.
- LaLibre, « Éric Ciotti, le président des Républicains français sorti de l’ombre ».
Sarah Knafo · Reconquête — droite nationale, très libéral · Eurosceptique / anti-UE
Députée européenne de Reconquête, elle porte un plan chiffré de réduction de la dépense publique (jusqu’à 170 milliards d’euros par an) pour financer des baisses d’impôts. Eurodéputée dans un groupe critique de l’intégration européenne.
- BDOR, « 170 milliards d’euros d’économies par an : le plan radical de Sarah Knafo pour la France ».
Limites de l’exercice
- La classification politique française ne se résume pas à ces deux axes et cette seule couleur : les questions environnementales, institutionnelles ou géopolitiques ne sont pas représentées ici.
- Les positions évoluent rapidement en période de précampagne ; ce graphique est une photographie à un instant donné (septembre 2026).
- Certaines personnalités combinent des positions contradictoires selon les sujets (ex. Attal : progressisme sociétal et fermeté sur l’ordre ; Bertrand et Le Pen se recoupent sur les deux axes choisis mais s’opposent frontalement sur le rapport au RN et au pluralisme démocratique, une dimension que ce graphique ne capture pas), ce qui rend leur placement sur un axe unique nécessairement réducteur.
- La distinction pro/anti-UE est elle-même un spectre continu : l’euroscepticisme de la gauche radicale (« désobéissance » aux traités, sans sortie de l’UE ni de l’euro) diffère largement de celui de la droite souverainiste historique (critique plus frontale des institutions).
- Ce graphique a été élaboré de façon itérative avec l’assistant Claude (Anthropic), y compris des recherches web pour vérifier les positions ; toute contribution ou correction argumentée est bienvenue.
