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	<title>Fiscalité</title>
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		<title>Petit pas #1 : supprimer le forfait logement</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Léon Régent]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 May 2024 07:35:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Fiscalité]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[Qu&#8217;est ce que le forfait logement ? L&#8217;histoire remonte à <a class="more-link" href="https://impotnegatif.fr/petit-pas-1-supprimer-le-forfait-logement/">Lire plus...</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Qu&rsquo;est ce que le forfait logement ?</h2>



<p>L&rsquo;histoire remonte à l&rsquo;année 1988. François Mitterrand candidat à sa réélection avait diffusé sa <em><a href="https://www.mitterrand.org/wp-content/uploads/2011/03/pdf_lettre_a_tous_les_francais_f-mitterrand1988.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lettre aux français</a></em> dans laquelle il expliquait ceci : <em>« Qui sont ces nouveaux pauvres ? Combien sont-ils ? De six cent mille à deux millions selon les estimations. Deux membres des gouvernements d&rsquo;avant 1981, MM. Lenoir et Stoléru, ont essayé de cerner le phénomène et l&rsquo;ont décrit dans des livres prémonitoires. (&#8230;) Peu importe le nom qui lui sera donné, revenu minimum d&rsquo;insertion ou revenu minimum garanti&#8230; L&rsquo;important est qu&rsquo;un moyen de vivre ou plutôt de survivre soit garanti à ceux qui n&rsquo;ont rien, qui ne peuvent rien, qui ne sont rien. C&rsquo;est la condition de leur réinsertion sociale. »</em></p>



<p>Dès après sa réélection et la nomination de Michel Rocard à Matignon, la conception technique du dispositif a démarré. Y ont participé, entre autres : <a href="https://impotnegatif.fr/lionel-stoleru-retrace-lhistorique-de-limpot-negatif/">Lionel Stoléru</a>, secrétaire d&rsquo;Etat chargé du Plan, <a href="https://impotnegatif.fr/bertrand-fragonard-discute-des-propositions-aire-sur-la-politique-familiale/">Bertrand Fragonard</a>, délégué interministériel au RMI, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Marie-Th%C3%A9r%C3%A8se_Join-Lambert" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Marie-Thérèse Join-Lambert</a>, conseillère sociale du premier ministre Michel Rocard, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Dominique_Lefebvre" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Dominique Lefebvre</a>, membre du cabinet de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_%C3%89vin" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Claude Evin</a>, ministre de la Solidarité, de la Santé et de la Protection sociale, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Michel_Belorgey" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Jean-Michel Bélorgey</a>, président de la commission des affaires sociales de l&rsquo;Assemblée Nationale et rapporteur du projet de loi. </p>



<h2 class="wp-block-heading">La création d&rsquo;un dispositif particulier</h2>



<p>La mise au point de la nouvelle prestation RMI a nécessité d&rsquo;intenses discussions et de multiples arbitrages. Un aspect essentiel était évidemment le niveau de l&rsquo;allocation, qui a été fixé à 2.000 francs, la moitié du Smic net (3.980 francs en 1988). Une fois ce montant validé par le président Mitterrand, beaucoup de détails restaient à préciser. </p>



<p>Un aspect parmi d&rsquo;autres concernait la coexistence de la nouvelle prestation avec les aides au logement perçues par la grande majorité des potentiels bénéficiaires du RMI. Fallait-il considérer que les deux allocations étaient indépendantes, chaque bénéficiaire additionnant potentiellement les deux ? Ou à l&rsquo;inverse, devait-on considérer que le RMI apportait un soutien monétaire incluant l&rsquo;aide au logement, auquel cas il serait légitime de soustraire l&rsquo;APL du RMI ? Ce dernier schéma avait été retenu pour la définition de la progressivité du RMI en fonction des enfants à charge : les éventuelles prestations familiales sont généralement soustraites du RMI versé<sup data-fn="a53206e1-3249-42ab-8c1b-220a9c031699" class="fn"><a href="#a53206e1-3249-42ab-8c1b-220a9c031699" id="a53206e1-3249-42ab-8c1b-220a9c031699-link">1</a></sup>.</p>



<p>Ces deux thèses extrêmes ont rapidement été exclues, la première parce que les dépenses publiques auraient été trop hautes, la seconde parce que le revenu disponible des allocataires aurait été trop bas. A la suite de l’arbitrage rendu par le cabinet du Premier Ministre, l’aide au logement a été partiellement intégrée, sous la forme d’un « forfait logement » déduit du RMI lorsque l&rsquo;allocataire est propriétaire, logé gratuitement ou bénéficiaire d&rsquo;une aide au logement (APL / ALS / ALF). Ce forfait&nbsp;s’appliquait à la quasi-totalité des allocataires.</p>



<p>Cette solution avait deux grandes qualités : l&rsquo;économie budgétaire était significative&#8230; et elle était discrète. Encore aujourd&rsquo;hui, on estime que 92&nbsp;% des millions de ménages allocataires du RSA et de la Prime d&rsquo;activité, héritières du RMI de 1988, soustraient un forfait logement de 76,28€ mensuels par personne (plafonné à trois personnes, soit 188,80 € quel que soit le nombre de personnes au-dessus de trois). Pourtant le montant de référence du RSA, affiché systématiquement, reste le maximum théorique qui ne concerne que moins de 8% des allocataires.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La critique actuelle du forfait logement</h2>



<p>Ce forfait logement, calé à 12% du montant maximal du RSA d&rsquo;une personne seule, a été reconduit sans débat depuis 36&nbsp;ans malgré les critiques de tous ceux qui l&rsquo;ont étudié. On en évoque ici trois évidentes.</p>



<p><strong>La première critique concerne la définition des situations de logement</strong> (ou plus précisément des catégories administratives, concrètement des cases cochées sur un formulaire) donnant lieu au maintien ou non du forfait logement, aussi bien pour les bénéficiaires du RSA que de la Prime d&rsquo;activité. Pour le comprendre, il suffit de comparer les deux clichés ci-dessous. Le propriétaire de la masure délabrée à gauche se voit déduit le forfait logement. A l&rsquo;inverse, le couple logé dans la caravane de luxe, à droite, conserve les 152 € du forfait logement dans le calcul de son RSA ou de la Prime d&rsquo;activité (en fonction de son revenu). C&rsquo;est aussi le cas de ceux vivant à la rue, dans des hébergements d&rsquo;urgence ou dans des squats.</p>



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<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" width="780" height="387" src="https://i0.wp.com/impotnegatif.fr/wp-content/uploads/2024/05/caravane2luxe.jpg?resize=780%2C387&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-4944" style="width:auto;height:200px" srcset="https://i0.wp.com/impotnegatif.fr/wp-content/uploads/2024/05/caravane2luxe.jpg?w=1466&amp;ssl=1 1466w, https://i0.wp.com/impotnegatif.fr/wp-content/uploads/2024/05/caravane2luxe.jpg?resize=300%2C149&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/impotnegatif.fr/wp-content/uploads/2024/05/caravane2luxe.jpg?resize=1024%2C508&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/impotnegatif.fr/wp-content/uploads/2024/05/caravane2luxe.jpg?resize=768%2C381&amp;ssl=1 768w" sizes="(max-width: 780px) 100vw, 780px" /></figure>
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</div>



<p><strong>La deuxième critique concerne la progressivité du calcul</strong> en fonction du nombre de personnes concernées. Alors que le montant du RSA ou de la prime d’activité d’un couple est de 1,5 fois celui d’un célibataire, le forfait logement qui en est déduit n’est pas 1,5&nbsp;fois, mais 2&nbsp;fois supérieur. L’incitation à ne pas vivre en couple ou à ne pas déclarer un lien conjugal s’en trouve augmentée.</p>



<figure class="wp-block-table"><table><tbody><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left"></td><td class="has-text-align-center" data-align="center"><strong>Montant du RSA<br>maximum<br>théorique</strong></td><td class="has-text-align-center" data-align="center"><strong>Déduction </strong><br><strong>du forfait <br>logement </strong></td><td class="has-text-align-center" data-align="center"><strong>Montant du RSA <br>sans forfait <br>logement</strong></td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">1ʳᵉ personne</td><td class="has-text-align-center" data-align="center">635,70 €</td><td class="has-text-align-center" data-align="center">&#8211; 76,28 €</td><td class="has-text-align-center" data-align="center">559,42 €</td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">+ conjoint</td><td class="has-text-align-center" data-align="center">953,55 € (+50%)</td><td class="has-text-align-center" data-align="center">&#8211; 152,57 €</td><td class="has-text-align-center" data-align="center">800,98 € (+43%)</td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">+ enfant 1</td><td class="has-text-align-center" data-align="center">1.144,26 € (+30%)</td><td class="has-text-align-center" data-align="center">&#8211; 188,80 €</td><td class="has-text-align-center" data-align="center">955,46 € (+28%)</td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">+ enfant 2</td><td class="has-text-align-center" data-align="center">1.334,97 € (+30%)</td><td class="has-text-align-center" data-align="center">&#8211; 188,80 €</td><td class="has-text-align-center" data-align="center">1.146,17 € (+34%)</td></tr><tr><td class="has-text-align-left" data-align="left">+ enfant 3</td><td class="has-text-align-center" data-align="center">1.589,25 € (+30%)</td><td class="has-text-align-center" data-align="center">&#8211; 188,80 €</td><td class="has-text-align-center" data-align="center">1.400,45 € (+45%)</td></tr></tbody></table><figcaption class="wp-element-caption"><br><em>Lecture : le RSA maximal d&rsquo;un couple avec un enfant n&rsquo;est pas de 1.144,26 €, mais 16,5% de moins (955,46 €). </em></figcaption></figure>



<p><strong>La troisième critique est la complication apportée par ce dispositif peu lisible</strong>, qui dissocie le montant du RSA affiché officiellement de celui réellement versé. Par exemple, pour les locataires bénéficiaires d&rsquo;une aide au logement d&rsquo;un montant très faible, le forfait logement (déduit du RSA ou de la Prime d’activité) est limité à l’APL effectivement reçue. Ceci conduit à cette curiosité : un locataire modeste ne touchant que 1 € d&rsquo;aide au logement recevrait un RSA de 635 €, alors qu&rsquo;une personne sans aucune ressource mais logée gratuitement perçoit au mieux un RSA de 559 €. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Comment simplifier ?</h2>



<p><strong>La proposition est évidente&nbsp;:</strong> il suffit de baisser les montants nominaux du RSA et de la prime d’activité de 12&nbsp;%, de supprimer le forfait logement et d&rsquo;assouplir l&rsquo;aide au logement pour l&rsquo;élargir à quelques cas particuliers. La première critique tombe immédiatement. La deuxième critique est amoindrie, un couple recevant 1,50&nbsp;fois ce que reçoit un célibataire (au lieu de 1,43 actuellement). La troisième critique disparaît également, le RSA devenant totalement indépendant de l&rsquo;aide au logement calculée par ailleurs. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi est-ce si difficile de faire simple ?</h2>



<p>L&rsquo;évolution proposée supprime des anomalies et ne fait quasiment pas de gagnants, ni de perdants, parmi les plus modestes. Mais cette rationalisation limitée n&rsquo;intéresse pas les syndicats et associations qui se mobilisent pour obtenir toujours plus, qui ne dénoncent les anomalies que lorsqu&rsquo;elles pourraient justifier une harmonisation par le haut. C&rsquo;est tout l&rsquo;enjeu de la simplification de nos politiques publiques : intéresser le législateur à une mesure d&rsquo;intérêt général qu&rsquo;aucun public ne réclame pour son bénéfice particulier. </p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity" />


<ol class="wp-block-footnotes has-extra-small-font-size"><li id="a53206e1-3249-42ab-8c1b-220a9c031699">Trente-six ans plus tard, c&rsquo;est toujours le cas pour le RSA, ce qui a des effets étranges. Un couple avec trois enfants ne touche pas 1.400 € de RSA comme indiqué sur le tableau ci-dessus, mais en réalité 865 € compte tenu de la déduction d&rsquo;une partie des allocations familiales perçues l&rsquo;année précédente. Son RSA sera alors inférieur à celui d&rsquo;un couple avec un seul enfant, qui ne perçoit pas d&rsquo;allocations familiales. <a href="#a53206e1-3249-42ab-8c1b-220a9c031699-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>]]></content:encoded>
					
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		<title>Cinq pistes pour remettre les finances publiques sur les rails</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc de Basquiat]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Apr 2024 09:26:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Fiscalité]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Retraités]]></category>
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					<description><![CDATA[Alors que l’INSEE et Bercy redoutent une brutale dégradation du <a class="more-link" href="https://impotnegatif.fr/cinq-pistes-pour-remettre-les-finances-publiques-sur-les-rails/">Lire plus...</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Alors que l’INSEE et Bercy redoutent une brutale dégradation du crédit de la France, le gouvernement semble démuni, évoquant diverses mesures sélectionnées pour ne pas heurter ses électeurs avant les européennes. Cette façon de gouverner n’est évidemment pas à la hauteur de l’enjeu. Pour que l’année 2024 soit pour la France ce qu’a été l’année 1992 pour la Suède – un redressement spectaculaire – il parait indispensable d’envisager cinq actions concrètes.</p>



<p>1 – Demander aux retraités de payer une part équitable d’un système de santé dont ils sont les premiers bénéficiaires. Par ailleurs, les retraités aisés devraient assumer le coût des aides nécessaires à leurs contemporains retraités moins chanceux. <a href="https://impotnegatif.fr/3-sortir-du-maquis-socio-fiscal/les-retraites-une-redistribution-aberrante/">Ce principe de <strong>solidarité intragénérationnelle</strong> a pour immense avantage d’alléger la charge lourde, croissante et injuste pesant sur les générations actives.</a> Dans le même ordre d’idée, il serait pertinent que la revalorisation des pensions de retraite soit fonction de l’évolution prévisible des cotisations engrangées la même année et de la démographie, et ce pour chacun des régimes, afin d’assurer leur équilibre lorsqu’ils fonctionnent par répartition. L’indexation des retraites sur l’inflation est une hérésie économique. </p>



<p>2 – Utiliser le <strong>potentiel fiscal</strong> largement sous-exploité de la fiscalité immobilière. Un rapport récent du CPO montre que la taxe foncière prélevée dans les territoires déshérités (banlieues, 93, diagonale du vide…) dépasse souvent 0,6% de la valeur économique des propriétés privées, alors que ce taux est inférieur à 0,1% dans les zones opulentes (centres des grandes villes…). <a href="https://impotnegatif.fr/3-sortir-du-maquis-socio-fiscal/revenus-du-patrimoine-une-incoherence-dommageable/">Cette iniquité fiscale s’explique par plusieurs facteurs dont aucun n’est légitime.</a> C’est pourquoi nous préconisons que le taux de la taxe foncière soit uniformément fixé à 0,6% de la valeur vénale des biens détenus. Si les foyers modestes supportent actuellement ce taux, il n’y a pas de raison pour que les plus aisés en soient dispensés. Une contrepartie logique de cette mesure devrait être la suppression de toute fiscalité économiquement nocive (frais de notaire, taxes sur les successions, prélèvement sociaux et IR sur les loyers perçus). </p>



<p>3 – Basculer vers le <strong>secteur privé</strong>, en conservant un fort contrôle réglementaire et un soutien financier consistant, une part importante des services publics qui dans d’autres pays ne sont ni pilotés par des élus ni financés par l’impôt. Ceci concerne à l’évidence les secteurs de la santé, de l’éducation et des transports. </p>



<p>4 – Unifier les prestations sociales, actuellement accordées en fonction de combinaisons complexes de critères médiocrement pertinents et toujours incohérents. On ne peut que déplorer la surcharge administrative et la maltraitance générées par cette complication dont on discerne mal l’intérêt. Pourrait-on s’en passer ? Oui, en fusionnant les différentes redistributions actuelles avec l’impôt sur le revenu en <a href="https://impotnegatif.fr/nos-6-propositions/">un « <strong>impôt négatif français</strong> » républicain dont les règles de calcul extrêmement simples</a> s’appliqueraient uniformément à tous les citoyens, quelques soient leurs revenus d’activité, de remplacement et de propriété. </p>



<p>5 – Ignorer les avis des <strong>caciques du système</strong> étatico-social, qui sont un obstacle redoutable à la mise en œuvre des quatre propositions précédentes. Ces conseillers vivent de la complexité, qu’ils soient hauts fonctionnaires, experts de diverses spécialités ou en tout. Ils ne craignent rien tant qu’une simplification hardie qui les priverait de leurs rentes de situation. Ce constat n’a rien d’original. Il explique qu’une candidate a proposé un « comité de la hache » et qu’un président a été élu dans l’hémisphère sud en brandissant une tronçonneuse. Valorisons la connaissance des philosophes, des mathématiciens, des scientifiques et des ingénieurs qui œuvrent pour la vie, la paix, la liberté de l&rsquo;Homme et l&rsquo;équilibre de la Planète. Dédaignons les constructions intellectuelles des idéologues, des juristes prolifiques et des communicants volubiles qui manipulent et soumettent les masses à leurs chimères. </p>



<p>Ces cinq pistes de réflexion ont pour caractéristique commune d’irriter quelques millions d’électeurs vivant de rentes – retraités et propriétaires aisés, haut-fonctionnaires, syndicats, experts – qui en garderont probablement un souvenir amer. Est-ce grave ? Même s’ils sont les plus actifs dans les partis politiques et contrôlent totalement les instances officielles, ils sont largement minoritaires. La démocratie devrait survivre à leur dépit si les autres citoyens se mobilisent. </p>



<p class="has-text-align-center"><em><a href="https://atlantico.fr/article/decryptage/cinq-pistes-pour-remettre-les-finances-publiques-sur-les-rails-reformes-solutions-projets-prestations-sociales-impots-taxes-depenses-bercy-deficits-croissance-entreprises-fiscalite-marc-de-basquiat">Article publié dans Atlantico le 30/03/2024</a></em></p>
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		<title>La contrepartie fiscale du revenu universel</title>
		<link>https://impotnegatif.fr/la-contrepartie-fiscale-du-revenu-universel/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Frédéric de Maneville]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Feb 2022 15:22:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Fiscalité]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[Avez-vous déjà évoqué le Revenu Universel dans une discussion informelle <a class="more-link" href="https://impotnegatif.fr/la-contrepartie-fiscale-du-revenu-universel/">Lire plus...</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Avez-vous déjà évoqué le Revenu Universel dans une discussion informelle avec un inconnu&nbsp;? Bien souvent, votre interlocuteur vous gratifie d’un sourire aimable, légèrement condescendant, accompagnant un commentaire de longueur variable où des «&nbsp;valeurs&nbsp;» assumées s’opposent à l&rsquo;«&nbsp;utopie&nbsp;» dangereuse d&rsquo;un revenu sans contrepartie… C’est un fait&nbsp;: l’opinion publique en la matière s’est formée en 2017 pendant la campagne électorale de Benoit Hamon. <a href="https://revenudexistence.org/wp/revenu-universel-hamon/">Si celle-ci a eu le mérite de révéler au public une idée nouvelle</a>, elle a malheureusement laissé l’impression d’un projet «&nbsp;très à gauche&nbsp;», et donc évidemment coûteux et irréaliste&#8230; Approfondissons la question.</p>



<h1 class="wp-block-heading" id="une-utopie">Une utopie&nbsp;?</h1>



<p>Il est d’usage <a href="https://revenudexistence.org/wp/revenu-universel-historique/">d’attribuer à l’intellectuel Thomas Paine</a> (<em>La Justice Agraire</em>, 1795) la paternité du concept de revenu universel. Cet anglais éclectique s’est imposé comme une figure du philosophe-pamphlétaire des Lumières&nbsp;: républicain, déiste, girondin, universaliste. </p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized"><a href="https://revenudexistence.org/wp/revenu-universel-historique/"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" class="wp-image-4106" style="width: 299px; height: 412px;" src="https://i0.wp.com/revenudexistence.org/wp/wp-content/uploads/2022/02/image-3.png?w=780&#038;ssl=1" alt="En 1795, Thomas Paine a établi la contrepartie fiscale du revenu universel" /></a></figure>


<p>Passé l’argumentaire brillant sur l’impératif moral de sa proposition – «&nbsp;c’est un droit et non une aumône que je réclame&nbsp;» – son texte développait une proposition innovante de <strong>financement par la fiscalité</strong>. Son schéma était remarquablement pertinent dans le contexte de son époque. Nous y reviendrons.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="la-condition-d-une-liberte-reelle">La condition d’une liberté réelle</h2>



<p>Le Revenu Universel contemporain, qu’on peut définir comme<em><strong> garantie inconditionnelle et universelle des moyens matériels de l&rsquo;autonomie individuelle</strong></em>, est d’abord une idée de philosophes en quête de justice. Philippe Van Parijs, philosophe et économiste belge, est aujourd’hui encore la référence mondiale du sujet. </p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" class="wp-image-4107" style="width: 264px; height: 388px;" src="https://i0.wp.com/revenudexistence.org/wp/wp-content/uploads/2022/02/image-4.png?w=780&#038;ssl=1" alt="Philippe Van Parijs" /></figure>


<p>Dans son ouvrage de 1995, <em>Real Freedom for All</em>, il mettait l’accent sur la liberté concrète que permet un tel dispositif mais ne concluait pas quant aux modalités de financement. Il attribue de multiples bénéfices à la proposition, par exemple&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>«&nbsp;Libérer les chômeurs de la trappe de pauvreté qu&rsquo;engendrent les systèmes actuels de compensation à l&rsquo;absence d&#8217;emploi&nbsp;;</em></li>



<li><em>Améliorer les conditions des travailleurs via l&rsquo;accroissement du pouvoir de négociation des employés face à leurs employeurs&nbsp;;</em></li>



<li><em>Encourager le travail indépendant, l&rsquo;innovation et la prise de risque&nbsp;;</em></li>



<li><em>Libérer les femmes au foyer de leur dépendance financière par rapport à leurs maris.&nbsp;»</em></li>
</ul>



<p>Il faut citer la controverse qui l’opposait à une autre grande figure du libéralisme, l’américain John Rawls, sur <strong>l’absence de contrepartie laborieuse</strong>. Alors que celui-ci considère que celui qui choisit de passer sa vie à pratiquer le surf sur les plages de Malibu devrait être privé de son revenu de base, Van Parijs estime que la société doit lui laisser toute liberté de choisir cette activité improductive. La question est donc morale avant d’être économique&nbsp;: faut-il imposer des contreparties «&nbsp;productives&nbsp;» à la perception d’un minimum vital versé par la communauté&nbsp;?</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="la-fecondite-d-un-don-sans-condition">La fécondité d’un don sans condition</h2>



<p>Si les philosophes s’interrogent, les sociologues posent le débat en d’autres termes, observant les dynamiques à l’œuvre dans la constitution de nos sociétés. <a href="https://revenudexistence.org/wp/don-inconditionnel/">Alain Caillé</a> explique en 1996, dans un texte fameux<a id="_ftnref1" href="#_ftn1">[1]</a>, qu&rsquo;exiger <strong>une contrepartie au don est incompatible</strong> avec l’ambition de développer des liens sociaux féconds. <em>«&nbsp;L’objectif étant de nourrir la liberté et la spontanéité, de créer de la confiance, on perdrait tout en espérant pouvoir retenir d’une main ce que l’on donne de l’autre. (…) La seule chose que la société soit en droit de demander positivement en échange d’un revenu inconditionnel de citoyenneté, ce n’est pas de l’utilité, indéterminable, mais de l’initiative, de la vie et de la participation effective à la production de la collectivité par elle-même.&nbsp;»</em></p>



<p>C’est ainsi que l’observation de la réalité des relations humaines transcende l’impasse d’un débat philosophique théorique sur la moralité relative de tel ou tel comportement individuel.</p>



<p>L’économiste se lève alors pour dire son inquiétude&nbsp;: comment imaginer une société qui distribuerait à tous des ressources qu’elle n’a pas&nbsp;? Contrairement à ce que racontent certains militants farfelus, <strong>l’argent vient nécessairement de quelque part&nbsp;! </strong>La société doit donc organiser une «&nbsp;contrepartie collective&nbsp;» à cette générosité universelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="l-impot-negatif-de-cournot-a-stoleru">L’impôt négatif de Cournot à Stoléru</h2>



<p>Dès 1838, le mathématicien et économiste français <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Antoine-Augustin_Cournot" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Antoine-Augustin Cournot</a> imaginait que la formule de calcul d’un impôt sur le revenu pourrait fort bien résulter en un montant négatif, donnant lieu logiquement à un versement de l’administration fiscale au ménage concerné. Cette idée d’un «&nbsp;<strong>impôt négatif</strong>&nbsp;» a été reprise par de nombreux économistes, en Angleterre, aux Etats-Unis ou en France. C’est en 1974 qu’est publié <a href="https://revenudexistence.org/wp/stoleru/">le premier livre français détaillant cette idée, <em>Vaincre la pauvreté dans les pays riches</em>, de Lionel Stoléru</a>.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" class="wp-image-4109" style="width: 240px; height: 342px;" src="https://i0.wp.com/revenudexistence.org/wp/wp-content/uploads/2022/02/image-5.png?w=780&#038;ssl=1" alt="Lionel Stoléru" /></figure>


<p>L&rsquo;économiste démontre pourquoi la façon la plus efficace de créer un socle de revenu pour toute la population d’un pays est de <strong>l’intégrer dans le calcul de l’impôt sur le revenu</strong>. En effet, ceci permet une continuité bienvenue entre la diversité des situations économiques des citoyens, à l’opposé du patchwork actuel de dispositifs conditionnels et partiels. Il écrit&nbsp;: <em>«&nbsp;La plupart des rigidités actuelles proviennent de l’insécurité qui s’attache à tout ce qui est changement. En distribuant des aides par catégories de personnes et par catégories d’événement, le système social actuel achève de figer la société en rendant dramatique tout changement de catégorie.&nbsp;»</em>&nbsp;</p>



<p>En 1988, Stoléru convaincra le premier ministre Michel Rocard de mettre en place le Revenu Minimum d’Insertion (RMI). Cette date a marqué notre histoire sociale. Mais à défaut d’intégration avec la fiscalité, ce dispositif et son successeur le RSA ont<strong> conservé une logique de contrepartie</strong>, formellement, bien que largement illusoire dans les faits.</p>



<hr class="wp-block-separator has-css-opacity"/>



<h1 class="wp-block-heading" id="l-aire-renouvelle-la-proposition">L’AIRE renouvelle la proposition</h1>



<p>En créant l’AIRE en 1989, aux côtés de l’académicien <a href="https://www.revenudexistence.org/pg/repensersolidarite.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Henri Guitton</a>, le professeur d’économie <a href="https://www.revenudexistence.org/pg/historique.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Yoland Bresson</a> développait un argumentaire original&nbsp;: personne ne dispose de la totalité de son temps car une part est nécessairement contrainte par les exigences de la vie en société, ce qui légitime le versement d’une compensation monétaire universelle. A partir de 2014, le nouveau président de l’AIRE, <a href="https://www.revenudexistence.org/pg/bureau.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Marc de Basquiat</a>, a élargi les travaux de l’association vers une actualisation et un approfondissement des travaux d’autres économistes, dont <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Lionel_Stol%C3%A9ru" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lionel Stoléru</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Bourguignon" target="_blank" rel="noreferrer noopener">François Bourguignon</a> qui ont rejoint son <a href="https://www.revenudexistence.org/pg/conseil_scient.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Conseil scientifique</a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="l-aire-analyse-la-redistribution-actuelle">L’AIRE analyse la redistribution actuelle</h2>



<p>Le constat de départ est celui de la complexité effarante de notre système socio-fiscal. Gérer cette complexité coûte cher. Et elle décourage les plus fragiles de la société, qui n’y comprennent rien. Nathalie, une adhérente AIRE allocataire du RSA, <a href="https://revenudexistence.org/wp/cauchemar-rsa-conditionnel/">dénonce le cauchemar de toutes les aides conditionnelles</a>. Une telle complexité est un problème politique, illustré par la crise des gilets jaunes&nbsp;:<strong> le consentement à l’impôt s’est largement effrité</strong> en France.</p>



<p>Les travaux que l’économiste Marc de Basquiat poursuit avec l’AIRE concernent d’abord l’impôt sur le revenu. L’effet d’une imposition progressive par tranches se visualise sur un graphique montrant un enchaînement de segments de droites, dont la pente est égale au taux marginal d’imposition du foyer fiscal. Sur le graphique ci-dessous, il met en évidence la <strong>formule mathématique</strong> calculant l’impôt mensuel d’un célibataire dont les revenus sont compris entre environ 2.000 et 6.000 euros par mois.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" height="514" width="780" decoding="async" src="https://i0.wp.com/revenudexistence.org/wp/wp-content/uploads/2022/02/image-6-1024x675.png?resize=780%2C514&#038;ssl=1" alt="La progressivité de l'impôt sur le revenu actuel" class="wp-image-4111"/></figure>



<p>Illustration sur le graphique : le calcul de l’impôt est simple pour un célibataire percevant un revenu mensuel de 5.000 euros. L’impôt en prélève 30% (1.500&nbsp;euros) moins 500, soit 1.000&nbsp;euros chaque mois.</p>



<p><a href="https://revenudexistence.org/wp/socle-citoyen/">La pédagogie implacable de Marc de Basquiat</a> consiste à superposer dans ce graphique l’effet du RSA et de la Prime d’activité sur les bas revenus, dont on observe avec surprise que<strong> l’effet cumulé s&rsquo;aligne presque parfaitement </strong>avec le segment de droite correspondant à la troisième tranche d’IR, au taux marginal de 30%.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" height="509" width="780" decoding="async" src="https://i0.wp.com/revenudexistence.org/wp/wp-content/uploads/2022/02/image-7-1024x668.png?resize=780%2C509&#038;ssl=1" alt="La redistribution du système socio-fiscal actuel" class="wp-image-4112"/></figure>



<p>Ce graphique interroge&nbsp;: pourquoi multiplier les dispositifs compliqués, combinant des prestations sociales dégressives et un impôt progressif, si le résultat global est plus ou moins une simple ligne droite&nbsp;?</p>



<p>Il serait nettement plus efficace, compréhensible et légitime d’instaurer à la place la <strong>simple formule d’impôt&nbsp;: 30% des revenus moins 500&nbsp;euros par mois</strong> pour chaque adulte, donnant lieu à un versement du fisc au foyer fiscal en cas de résultat négatif. En combinant cela avec <a href="https://revenudexistence.org/wp/pecresse-politique-familiale/">le forfait par enfant décrit par Léon Régent</a>, on obtiendrait une fonction de distribution lisible, figurée par ce troisième graphique.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" height="437" width="780" decoding="async" src="https://i0.wp.com/revenudexistence.org/wp/wp-content/uploads/2022/02/image-8-1024x574.png?resize=780%2C437&#038;ssl=1" alt="La redistribution induite par la combinaison d'un revenu universel et d'une redevance universelle (2RU)" class="wp-image-4113"/></figure>



<p>Bien que très simple, ce schéma est parfois mal interprété, certains ramenant la proposition à celle d&rsquo;une « flat tax » de 30%. Cette erreur résulte d&rsquo;une incompréhension de l&rsquo;effet du transfert positif de 500 euros mensuels par adulte. Un quatrième schéma est nécessaire pour mettre en évidence<strong> le taux de prélèvement progressant avec les revenus</strong>, ajusté selon la dimension de la famille. </p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" src="https://i0.wp.com/revenudexistence.org/wp/wp-content/uploads/2022/02/2ru_afu_progressive_familiale.jpg?w=780&#038;ssl=1" alt="Le 2RU est une fonction de redistribution progressive et familialisée" class="wp-image-4161"/></figure>



<hr class="wp-block-separator has-css-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading" id="le-2ru-propose-par-l-aire">Le 2RU proposé par l’AIRE</h2>



<p>Alors que cette proposition est documentée avec rigueur depuis la thèse de Marc de Basquiat en 2011, l’AIRE multiplie les approches pédagogiques afin de diffuser l’idée auprès des élus, des administrations et du grand public. <a href="https://revenudexistence.org/wp/2ru/">La dernière version a été baptisée 2RU</a> afin d’expliciter ses<strong> deux composantes indissociables&nbsp;</strong>: un Revenu Universel de 500&nbsp;euros par adulte et une Redevance Universelle de 30% de tous les revenus imposables, qui constitue la contrepartie la plus évidente au dispositif de soutien au revenu.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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</div></figure>



<hr class="wp-block-separator has-css-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading" id="le-revenu-universel-encourage-le-retour-au-travail">Le revenu universel encourage le retour au travail</h2>



<p>Garantir inconditionnellement à chacun la perception d&rsquo;un socle de revenu a une conséquence fondamentale bien que rarement comprise : <strong>le bénéficiaire ne perd jamais à prendre un travail</strong>. La fiscalité prélèvera juste un pourcentage raisonnable, 30% auxquels il faut ajouter la CSG et quelques cotisations sociales salariales. </p>



<p>Qui a conscience que les minima sociaux actuels &#8211; RSA, AAH, ASPA &#8211; déduisent 100% des modestes revenus gagnés par celui qui tente de reprendre une petite activité ? Et que dire du RSO (Revenu de Solidarité Outre-mer) dont <a href="https://www.aide-sociale.fr/rso-caf/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">les bénéficiaires s’engagent dès 50 ans à se retirer définitivement du marché du travail </a>?</p>



<p>La contrepartie des prestations actuelles est ainsi bien souvent de renoncer au travail. C&rsquo;est cette infâmie que le revenu universel fait disparaître. </p>



<h2 class="wp-block-heading" id="conclusion">Conclusion&nbsp;</h2>



<p>Alors que notre illustratrice <a href="https://www.facebook.com/Hdemaneville/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Hélène de Maneville</a> nous propose une transition brutale de l’art classique à l’art moderne, <strong>rappelons à tous les responsables politiques l’urgence de dépoussiérer nos systèmes socio-fiscaux</strong>. La proposition 2RU ne doit pas rester confinée dans le grand musée des idées plaisantes, mais intégrer sérieusement le débat politique.</p>



<hr class="wp-block-separator has-css-opacity"/>



<p><a id="_ftn1" href="#_ftnref1">[1]</a> «&nbsp;De l’idée d’inconditionnalité conditionnelle&nbsp;», <em>Revue du Mauss trimestrielle</em>, n°7.</p>
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		<title>L&#8217;AIRE assiste l&#8217;Assemblée de Corse pour identifier un projet social novateur</title>
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		<dc:creator><![CDATA[L'Impôt Négatif Français]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 May 2020 12:24:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Fiscalité]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[Le 13 mai 2020, le président de l&#8217;Assemblée de Corse, <a class="more-link" href="https://impotnegatif.fr/laire-assiste-lassemblee-de-corse-pour-identifier-un-projet-social-novateur/">Lire plus...</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Le 13 mai 2020, le président de l&rsquo;Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, explique la démarche qui a permis le vote unanime d&rsquo;un rapport sur l&rsquo;étude de faisabilité d&rsquo;un revenu de base et la possibilité d&rsquo;une expérimenter la mise en œuvre en Corse. </p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><a href="https://www.isula.corsica/assemblea/docs/rapports/202001084-faisabilite-revenu-de-base-2-.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" width="638" height="662" src="https://i0.wp.com/impotnegatif.fr/wp-content/uploads/2024/01/Corse_rapport1.png?resize=638%2C662&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-874" srcset="https://i0.wp.com/impotnegatif.fr/wp-content/uploads/2024/01/Corse_rapport1.png?w=638&amp;ssl=1 638w, https://i0.wp.com/impotnegatif.fr/wp-content/uploads/2024/01/Corse_rapport1.png?resize=289%2C300&amp;ssl=1 289w" sizes="auto, (max-width: 638px) 100vw, 638px" /></a></figure>
</div>


<p>L&rsquo;échange s&rsquo;est poursuivi avec les intervention de Christian Bouvard (AIRE), Mathilde Courboillet (GL), Isabelle Doresse (ATD), François-Xavier Oliveau (AIRE), Télémaque Masson (AIRE, ATD), Léon Régent (VP AIRE). </p>


<figure class="wp-block-embed wp-block-embed-youtube is-type-video is-provider-youtube epyt-figure"><div class="wp-block-embed__wrapper"><iframe loading="lazy"  id="_ytid_98687"  width="780" height="438"  data-origwidth="780" data-origheight="438" src="https://www.youtube.com/embed/4Oal1-yV4qk?enablejsapi=1&#038;autoplay=0&#038;cc_load_policy=0&#038;cc_lang_pref=&#038;iv_load_policy=1&#038;loop=0&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;playsinline=0&#038;autohide=2&#038;theme=dark&#038;color=red&#038;controls=1&#038;disablekb=0&#038;" class="__youtube_prefs__  no-lazyload" title="YouTube player"  allow="fullscreen; accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen data-no-lazy="1" data-skipgform_ajax_framebjll=""></iframe></div></figure>]]></content:encoded>
					
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		<title>Marc Wolf, la faisabilité fiscale de l&#8217;impôt négatif</title>
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		<dc:creator><![CDATA[L'Impôt Négatif Français]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Sep 2019 14:23:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Fiscalité]]></category>
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					<description><![CDATA[Colloque « Trois chantiers pour l&#8217;Etat-Providence du 21ème siècle » le 16 <a class="more-link" href="https://impotnegatif.fr/marc-wolf-faisabilite-fiscale-impot-negatif/">Lire plus...</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Colloque « Trois chantiers pour l&rsquo;Etat-Providence du 21ème siècle » le 16 septembre 2019 au Palais du Luxembourg.</p>



<p><strong>Implémenter ou expérimenter le revenu universel ?</strong></p>



<p>Après des études d’histoire (poursuivies ultérieurement en économie et en droit), Marc Wolf a mené une première carrière d’enseignant. Diplômé de l’ENA en 1989, il rejoint le ministère des finances où dans les années 2000, il a successivement dirigé les sous-directions de la gestion des impôts des particuliers, puis du contrôle fiscal et, enfin, de la législation de la TVA. Il a été aussi maire de Mons-en-Barœul (Nord) entre 1977 et 2001. </p>



<p>En retraite de l’administration depuis 2014, il est aujourd’hui avocat fiscaliste au barreau de Paris. Il participe ainsi aux débats sur les finances publiques, en contribuant à diverses publications spécialisées et en publiant un blog de politique fiscale. À ce titre, il est activement intervenu pour la mise en œuvre du prélèvement à la source de l’IR, en mettant l’accent sur les enjeux de simplification. Il a documenté en particulier des solutions qui permettraient d’actualiser véritablement en temps réel le paiement de l’impôt à partir du compte de chaque foyer fiscal, dans le mois suivant la disponibilité de ses revenus. </p>



<p>S’appuyant sur ces perspectives d’automatisation de la gestion socio-fiscale, l’intervention de Marc Wolf montre comment la garantie d’un revenu universel pourrait s’intégrer aisément à côté de l’impôt progressif et des prestations sociales.</p>


<figure class="wp-block-embed wp-block-embed-youtube is-type-video is-provider-youtube epyt-figure"><div class="wp-block-embed__wrapper"><iframe loading="lazy"  id="_ytid_87209"  width="780" height="438"  data-origwidth="780" data-origheight="438" src="https://www.youtube.com/embed/0dv6q0onXZ4?enablejsapi=1&#038;autoplay=0&#038;cc_load_policy=0&#038;cc_lang_pref=&#038;iv_load_policy=1&#038;loop=0&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;playsinline=0&#038;autohide=2&#038;theme=dark&#038;color=red&#038;controls=1&#038;disablekb=0&#038;" class="__youtube_prefs__  no-lazyload" title="YouTube player"  allow="fullscreen; accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen data-no-lazy="1" data-skipgform_ajax_framebjll=""></iframe></div></figure>


<p></p>
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		<title>Daniel Lenoir, avocat d&#8217;un continuum socio-fiscal</title>
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		<dc:creator><![CDATA[L'Impôt Négatif Français]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Sep 2019 14:17:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Fiscalité]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[Colloque AIRE « Trois chantiers pour l’État-providence du 21ème siècle » le <a class="more-link" href="https://impotnegatif.fr/daniel-lenoir-avocat-continuum-socio-fiscal/">Lire plus...</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Colloque AIRE « Trois chantiers pour l’État-providence du 21ème siècle » le 16 septembre 2019 au Palais du Luxembourg.</p>



<p><strong>Vers un continuum socio-fiscal ? </strong></p>



<p>Diplômé de l’Institut national agronomique Paris-Grignon, de l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) et ancien élève de l’École nationale d’administration (ENA), Daniel Lenoir, inspecteur général des affaires sociales, a dirigé successivement plusieurs des principaux organismes de protection sociale en France : Mutualité Fonction Publique (MFP), Mutualité Sociale Agricole (MSA), Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS), Fédération nationale de la mutualité française (FNMF), ARS Nord Pas de Calais, Caisse nationale des allocations familiales (CNAF). </p>



<p>Éditorialiste à Témoignage Chrétien, il participe aussi à plusieurs think tank, notamment l’Idies (Institut pour le développement de l’information économique et sociale) qu’il préside depuis sa création, Terra Nova avec un rapport remarqué préconisant de mieux garantir le versement effectif des pensions alimentaires et <a href="https://www.youtube.com/hashtag/leplusimportant">#Leplusimportant</a>, où il anime le pôle Europe. Il partage ses réflexions sur son blogue « L’âge de raison(s) », notamment sur l’État-providence du 21ème siècle. </p>


<figure class="wp-block-embed wp-block-embed-youtube is-type-video is-provider-youtube epyt-figure"><div class="wp-block-embed__wrapper"><iframe loading="lazy"  id="_ytid_64806"  width="780" height="438"  data-origwidth="780" data-origheight="438" src="https://www.youtube.com/embed/FW4eGrFmsic?enablejsapi=1&#038;autoplay=0&#038;cc_load_policy=0&#038;cc_lang_pref=&#038;iv_load_policy=1&#038;loop=0&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;playsinline=0&#038;autohide=2&#038;theme=dark&#038;color=red&#038;controls=1&#038;disablekb=0&#038;" class="__youtube_prefs__  no-lazyload" title="YouTube player"  allow="fullscreen; accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen data-no-lazy="1" data-skipgform_ajax_framebjll=""></iframe></div></figure>]]></content:encoded>
					
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		<title>François Bourguignon confirme les avantages du schéma AIRE</title>
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		<dc:creator><![CDATA[L'Impôt Négatif Français]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Sep 2019 14:00:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Fiscalité]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[Colloque AIRE « Trois chantiers pour l’État-providence du 21ème siècle » le <a class="more-link" href="https://impotnegatif.fr/francois-bourguignon-confirme-avantages-aire/">Lire plus...</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Colloque AIRE « Trois chantiers pour l’État-providence du 21ème siècle » le 16 septembre 2019 au Palais du Luxembourg.</p>



<p><strong>L&rsquo;hypothèse du revenu universel ?</strong></p>



<p>François Bourguignon est chaire émérite à l’École d&rsquo;économie de Paris, école qu&rsquo;il a dirigée de 2007 à 2013. Auparavant, il a été l&rsquo;économiste en chef et le premier vice‐président de la Banque Mondiale à Washington de 2003 à 2007. Le reste de sa carrière s&rsquo;est déroulé au CNRS et à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales. Ses travaux, théoriques et empiriques, portent principalement sur la distribution et la redistribution des revenus dans les pays en voie de développement et dans les pays développés. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages et de nombreux articles dans les revues économiques internationales. Il a reçu au cours de sa carrière plusieurs distinctions scientifiques et enseigné dans plusieurs universités étrangères. Il a une riche expérience de conseil auprès de plusieurs gouvernements et d&rsquo;organisations internationales. </p>



<p>Ses travaux des années 1997-1998 sur le thème « fiscalité et redistribution » ont constitué la première modélisation chiffrée d&rsquo;une forme d&rsquo;impôt négatif pour la France, inspirant la création en 2001 de la Prime pour l&#8217;emploi par le gouvernement de Lionel Jospin. Il a présidé le comité d&rsquo;évaluation du RSA en 2008. </p>



<p>Son intervention éclaire plus particulièrement la question clé de l’individualisation de la fiscalité et des prestations sociales.</p>


<figure class="wp-block-embed wp-block-embed-youtube is-type-video is-provider-youtube epyt-figure"><div class="wp-block-embed__wrapper"><iframe loading="lazy"  id="_ytid_37467"  width="780" height="438"  data-origwidth="780" data-origheight="438" src="https://www.youtube.com/embed/yIrCEvt17Cw?enablejsapi=1&#038;autoplay=0&#038;cc_load_policy=0&#038;cc_lang_pref=&#038;iv_load_policy=1&#038;loop=0&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;playsinline=0&#038;autohide=2&#038;theme=dark&#038;color=red&#038;controls=1&#038;disablekb=0&#038;" class="__youtube_prefs__  no-lazyload" title="YouTube player"  allow="fullscreen; accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen data-no-lazy="1" data-skipgform_ajax_framebjll=""></iframe></div></figure>]]></content:encoded>
					
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		<title>LIBER volume II : une proposition réaliste</title>
		<link>https://impotnegatif.fr/liber-volume-ii-une-proposition-realiste/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc de Basquiat]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Jan 2017 17:15:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Fiscalité]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[Ce début d&#8217;année 2017 est riche en publications sur le <a class="more-link" href="https://impotnegatif.fr/liber-volume-ii-une-proposition-realiste/">Lire plus...</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Ce début d&rsquo;année 2017 est riche en publications sur le thème du revenu universel d&rsquo;existence. Marc de Basquiat, président de l&rsquo;A.I.R.E., et Gaspard Koenig, président de Generation Libre, contribuent au débat avec un deuxième volume de leur texte de référence <em><a href="http://www.revenudexistence.org/doc/un-LIBER-pour-tous.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">LIBER, un revenu de liberté pour tous</a></em>, publié en avril 2014.</p>



<p class="has-text-align-center">&nbsp;&#8211; <a href="http://www.revenudexistence.org/doc/LIBER-II_VF.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Pour accéder au LIBER volume II, suivre ce lien</a> &#8211;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter"><a href="http://www.revenudexistence.org/doc/LIBER-II_VF.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" src="https://blogrevenudexistencesite.files.wordpress.com/2017/01/liber-2_couvgl.jpg?w=780" alt="liber-2_couvgl" class="wp-image-990"/></a></figure>
</div>


<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading">Préface</h2>



<p>« La publication de notre rapport <a href="http://www.revenudexistence.org/doc/un-LIBER-pour-tous.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">« LIBER, un revenu de liberté pour tous »</a> en avril 2014 a contribué à faire émerger un débat national sur le revenu universel. Parmi la multitude des propositions qui circulent, la nôtre apparaît à la fois modeste, puisqu’elle ne vise à couvrir que les besoins de base, et pragmatique, puisqu’elle pourrait être réalisée sans bouleverser les grands équilibres macroéconomiques de la nation.</p>



<p>Ce document a permis de poser les termes du débat, ce dont prend acte le rapport d’information présenté par le Sénat le 19 octobre 2016, intitulé «&nbsp;Le revenu de base en France, de l’utopie à l’expérimentation&nbsp;». Le Sénat estime que le montant devrait être environ 500 euros par mois, qu’il serait «&nbsp;au préalable nécessaire de mener à bien une simplification des prestations sociales&nbsp;», et que «&nbsp;le financement par l’impôt constituerait l’option la plus réaliste, le principe d’une impôt négatif devant être privilégié à terme mais sa mise en œuvre restant conditionnée à une vaste réforme du système fiscal&nbsp;».</p>



<p>Nous apprécions que la pédagogie de notre rapport LIBER ait porté ses fruits, le consensus au sein de la mission d’information sénatoriale privilégiant notre approche pragmatique, mais nous observons également l’étendue du chemin qui reste à parcourir.</p>



<p><strong>Face aux multiples questions qui continuent à se poser, nous publions aujourd’hui une suite de nos travaux, qui explicite les fondements intellectuels du revenu universel, et entre dans le détail technique des réformes nécessaires.</strong> Nous y esquissons également un chemin de réformes, qui pourrait guider les décideurs publics vers une mise en œuvre progressive.</p>



<p>Pour en faciliter la lecture, nous avons choisi de présenter un texte assez succinct, complété par une série de fiches techniques en annexe. En hommage à Lionel Stoléru disparu récemment, nous ponctuons nos chapitres par quelques citations de son livre fondateur publié en 1974&nbsp;: <em>Vaincre la pauvreté dans les pays riches</em>.</p>



<p>Alors que s’ouvre en France la campagne présidentielle, nous pensons qu’une discussion approfondie sur les principes et modalités concrètes d’un revenu universel devrait enfin trouver la place qui lui revient au cœur du débat politique contemporain. »</p>



<p>Marc de Basquiat&nbsp; &#8211;&nbsp; Gaspard Koenig<br>Janvier 2016</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading">Structure du document</h2>



<p>Suite à une introduction rappelant les points clés de la proposition et une microsimulation mise à jour pour l&rsquo;année 2016, ce volume II précise 10 points forts, clarifie 10 questions récurrentes, puis développe 10 fiches techniques éclairant les modifications du système socio-fiscal français actuel menant à l&rsquo;instauration du LIBER.Ces fiches techniques sont issues d&rsquo;un travail d&rsquo;approfondissement mené par les experts de l&rsquo;A.I.R.E.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Dix points forts</h3>



<ol class="wp-block-list">
<li>Élimine les effets de seuil</li>



<li>Tout le monde participe</li>



<li>S’adapte en temps réel</li>



<li>Adapté à la diversité des formes d’emplois</li>



<li>Feuilles de paye simplifiées</li>



<li>Libère du temps utile pour démunis</li>



<li>Renforce le pouvoir de négociation</li>



<li>Politique de soutien à l’enfant</li>



<li>Réduit les coûts administratifs</li>



<li>Ne remplace pas tout</li>
</ol>



<h3 class="wp-block-heading">Dix clarifications</h3>



<ol class="wp-block-list">
<li>Quid du reste des prestations sociales ?</li>



<li>Comment opérer une réforme aussi radicale ?</li>



<li>Qui perd, qui gagne ?</li>



<li>Un appel d&rsquo;air pour les migrants étrangers ?</li>



<li>LIBER-LIBERTAXE est-ce juste ?</li>



<li>Un montant suffisant ?</li>



<li>Désincitatif au travail ?</li>



<li>Favorise le dumping social ?</li>



<li>Augmente prélèvements obligatoires ?</li>



<li>Une réforme considérable pour changer peu ?</li>
</ol>



<h3 class="wp-block-heading">Dix fiches techniques</h3>



<ol class="wp-block-list">
<li>Comprendre le coin socio-fiscal français</li>



<li>Forfaitiser la prise en compte de la famille par la fiscalité</li>



<li>Réaliser la synthèse des prestations familiales</li>



<li>Rationaliser les minima sociaux</li>



<li>Restructurer les cotisations sociales</li>



<li>Aligner les prélèvements des divers revenus</li>



<li>Mettre en place LIBERTAXE + LIBER</li>



<li>Calculer l&rsquo;assiette des revenus imposables</li>



<li>S’assurer de l’équilibre budgétaire</li>



<li>Modéliser les impacts comportementaux</li>
</ol>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" width="499" height="454" src="https://i0.wp.com/impotnegatif.fr/wp-content/uploads/2024/01/Liber2_Damon.jpeg?resize=499%2C454&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-884" srcset="https://i0.wp.com/impotnegatif.fr/wp-content/uploads/2024/01/Liber2_Damon.jpeg?w=499&amp;ssl=1 499w, https://i0.wp.com/impotnegatif.fr/wp-content/uploads/2024/01/Liber2_Damon.jpeg?resize=300%2C273&amp;ssl=1 300w" sizes="auto, (max-width: 499px) 100vw, 499px" /></figure>
</div>]]></content:encoded>
					
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		<item>
		<title>Christophe Sirugue et Philippe Van Parijs auditionnés par le Sénat</title>
		<link>https://impotnegatif.fr/christophe-sirugue-et-philippe-van-parijs-auditionnee-par-le-senat/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[L'Impôt Négatif Français]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Jun 2016 11:17:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Fiscalité]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[Synthèse des premières auditions de la mission d&#8217;information sénatoriale sur <a class="more-link" href="https://impotnegatif.fr/christophe-sirugue-et-philippe-van-parijs-auditionnee-par-le-senat/">Lire plus...</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Synthèse des premières auditions de la mission d&rsquo;information sénatoriale sur le revenu de base : le député Christophe Sirugue et le philosophe Philippe Van Parijs le 23 juin 2016. </p>


<figure class="wp-block-embed wp-block-embed-youtube is-type-video is-provider-youtube epyt-figure"><div class="wp-block-embed__wrapper"><iframe loading="lazy"  id="_ytid_54006"  width="780" height="438"  data-origwidth="780" data-origheight="438" src="https://www.youtube.com/embed/y6nfaBSSLtI?enablejsapi=1&#038;autoplay=0&#038;cc_load_policy=0&#038;cc_lang_pref=&#038;iv_load_policy=1&#038;loop=0&#038;rel=1&#038;fs=1&#038;playsinline=0&#038;autohide=2&#038;theme=dark&#038;color=red&#038;controls=1&#038;disablekb=0&#038;" class="__youtube_prefs__  no-lazyload" title="YouTube player"  allow="fullscreen; accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen data-no-lazy="1" data-skipgform_ajax_framebjll=""></iframe></div></figure>


<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h3 class="wp-block-heading">II. <a href="https://www.senat.fr/rap/r16-035/r16-035_mono.html#toc480" target="_blank" rel="noreferrer noopener">RÉUNION DU JEUDI 23 JUIN 2016</a></h3>



<h4 class="wp-block-heading">A. AUDITION DE M. PHILIPPE VAN PARIJS, PROFESSEUR À L&rsquo;UNIVERSITÉ CATHOLIQUE DE LOUVAIN, FONDATEUR DU BASIC INCOME EARTH NETWORK<a href="http://www.senat.fr/senateur/vanlerenberghe_jean_marie01034p.html"></a></h4>



<p><a href="http://www.senat.fr/senateur/vanlerenberghe_jean_marie01034p.html"><strong>M. Jean-Marie Vanlerenberghe&nbsp;</strong></a><strong>,&nbsp;</strong><strong>président&nbsp;</strong>.&nbsp;&#8211;&nbsp;Mes chers collègues, nous recevons aujourd&rsquo;hui M. Philippe Van Parijs, philosophe et économiste et titulaire de la chaire d&rsquo;éthique économique et sociale de l&rsquo;université catholique de Louvain. M.&nbsp;Van Parijs s&rsquo;intéresse de longue date à la question du revenu de base, puisqu&rsquo;il a participé en 1986 à la fondation du Basic Income European Network (BIEN) &#8211; devenu le Basic Income Earth Network &#8211; et a publié en 2005 avec M. Yannick Vanderborghts un ouvrage discutant des mérites d&rsquo;une allocation universelle.</p>



<p>La question du revenu de base a gagné une audience considérable dans le champ de la discussion publique, et le réseau BIEN en est le principal promoteur au niveau européen. Je précise que nous avons déjà entendu des représentants de l&rsquo;AIRE (association pour l&rsquo;instauration d&rsquo;un revenu d&rsquo;existence) et du MFRB (mouvement français pour le revenu de base).</p>



<p>La notion de revenu de base recouvre une grande diversité de projets qui sont eux-mêmes mus par des motivations et des visions de la société parfois très éloignées les unes des autres. Je voudrais d&rsquo;abord savoir comment le BIEN se situe dans cette «&nbsp;mouvance&nbsp;» et quelle vision du revenu de base vous défendez.</p>



<p>Nous serons ensuite particulièrement intéressés par vos réflexions sur la définition d&rsquo;une allocation universelle, sur le champ qu&rsquo;elle doit couvrir et sur la méthode qui pourrait être suivie pour la mettre en place.</p>



<p><strong>M. Philippe Van Parijs&nbsp;</strong>.&nbsp;<strong>&#8211;&nbsp;</strong>Merci de m&rsquo;accueillir. En effet, j&rsquo;attache une grande importance aux interactions entre les élus et les personnes exerçant des responsabilités politiques d&rsquo;une part, et les universitaires insérés dans des réseaux, d&rsquo;autre part. Dans ce contexte, il y a un bénéfice mutuel et je parlerai brièvement pour pouvoir ensuite répondre à vos questions. Effectivement, l&rsquo;idée du Basic income m&rsquo;est venue en décembre 1982. Comme je ne l&rsquo;avais ni lu ni vu nulle part, j&rsquo;ai dû inventer un nom et j&rsquo;ai proposé de la nommer «&nbsp;allocation universelle&nbsp;» en analogie avec le suffrage universel&nbsp;: car l&rsquo;allocation universelle est un élément de pouvoir économique distribué de manière strictement égalitaire, comme le suffrage universel est un élément de pouvoir politique distribué à chacun.</p>



<p>Lorsqu&rsquo;on a une idée que l&rsquo;on croit géniale, l&rsquo;une des deux choses suivantes se produit. D&rsquo;abord, on s&rsquo;aperçoit que cette idée présente de sérieux défauts. Pour ma part, j&rsquo;ai eu l&rsquo;occasion de parler de cette idée sur six continents et de rencontrer beaucoup d&rsquo;objections, sans pour autant en rencontrer une qui soit décisive. Ensuite, on découvre que l&rsquo;on n&rsquo;a pas été le premier à avoir eu cette idée. J&rsquo;ai découvert petit à petit d&rsquo;autres personnes et les ai réunies dans notre ville universitaire de Louvain-La-Neuve, en septembre 1986. Nous avons alors fondé le BIEN &#8211; Basic Income European Network &#8211; avec une trentaine de personnes. Depuis lors, nous organisons un congrès tous les deux ans et progressivement, ces congrès ont accueilli de plus en plus de personnes en provenance des six continents. Sous leur pression, lors du congrès de Barcelone en 2004, on a transformé le Basic Income European Network en Basic Income Earth Network&nbsp;; ce qui permet de conserver cet acronyme «&nbsp;BIEN&nbsp;», vraiment idoine&nbsp;! Le BIEN a désormais des sections sur l&rsquo;ensemble des continents. Le dernier congrès a eu lieu à Montréal et le prochain se tiendra, pour la première fois, en Asie, à Séoul, au début du mois de juillet 2016.</p>



<p>Je suis responsable d&rsquo;une chaire d&rsquo;éthique économique et sociale et de nombreuses idées autres que celles-là sont pertinentes pour mes travaux et mes publications. Mon ouvrage le plus long et aride s&rsquo;intitule&nbsp;<em>La liberté réelle pour tous&nbsp;</em>, publié aux Presses universitaires d&rsquo;Oxford il y a une vingtaine d&rsquo;années, qui est une tentative de justification philosophique de l&rsquo;allocation universelle. Avec mon collègue Yannick Vanderborght, nous terminons un livre de référence sur cette question pour les presses universitaires de Harvard qui fait le point sur ses différentes dimensions, à la fois historiques, économiques, éthiques et politiques.</p>



<p>Il me paraît utile de donner d&rsquo;abord des perspectives philosophiques à cette question et d&rsquo;envisager ensuite les aspects pratiques de cette allocation universelle, même si mes collègues, que vous avez auditionnés, connaissaient beaucoup mieux la situation française que moi. Il faut bien distinguer l&rsquo;allocation universelle des deux autres modèles de protection sociale, en les plaçant dans une perspective historique. Je voudrais ensuite indiquer ce qui est pour moi l&rsquo;argument fondamental en faveur de ce revenu de base, avant de comprendre pourquoi un intérêt sans précédent se dégage en Europe, voire même depuis la Californie jusqu&rsquo;à la Corée. De toute l&rsquo;histoire de l&rsquo;humanité, il n&rsquo;y a jamais eu un tel intérêt depuis ces derniers mois, voire ces dernières semaines, en faveur de cette notion.</p>



<p>Premièrement, il existe trois modèles fondamentaux de protection sociale.</p>



<p>Le premier est né au début du XVI&nbsp;<sup>e&nbsp;</sup>siècle dans vos régions, Messieurs les président et rapporteur. En effet, le tout premier système a été instauré dans la ville d&rsquo;Ypres vers 1515. Ce premier modèle d&rsquo;assistance sociale théorisé se focalisait sur les pauvres, avec une condition de contrepartie&nbsp;: seuls les pauvres qui manifestent le souhait de travailler avaient le droit de recevoir cette allocation. Le premier à l&rsquo;avoir théorisé est un Juif converti appelé Vives, né à Valence et ayant étudié à la Sorbonne, avant d&rsquo;enseigner à Louvain. Il a publié en 1515 l&rsquo;ouvrage&nbsp;<em>De Subventione pauporum&nbsp;</em>&#8211; c&rsquo;est-à-dire en français&nbsp;<em>De l&rsquo;assistance aux pauvres&nbsp;</em>&#8211; qui justifie ce nouveau dispositif selon lequel il est plus efficace que les municipalités s&rsquo;occupent de l&rsquo;aide aux pauvres plutôt que la charité privée ou les organisations ecclésiales. Ce modèle a subi de nombreuses transformations et des crises extrêmement intenses, notamment lors du passage du&nbsp;<em>Old Poor Laws&nbsp;</em>aux&nbsp;<em>New Poor Laws&nbsp;</em>au Royaume-Uni. Ce modèle est encore présent dans nos modèles actuels d&rsquo;assistance sociale comme dans le revenu de solidarité active (RSA) en France.&nbsp;Naturellement, ce modèle est plus généreux que ne l&rsquo;était le modèle d&rsquo;Ypres en 1515, mais repose sur une même logique en ciblant sur les pauvres une aide conditionnée aux ressources et à la situation familiale, impliquant comme contrepartie un travail effectif dans les&nbsp;<em>Workhouses&nbsp;</em>ou les dépôts de mendicité sous l&rsquo;Ancien Régime.</p>



<p>Un deuxième modèle est apparu et a été formulé par Condorcet lorsqu&rsquo;il se cachait, un an avant sa mort. Dans son ouvrage&nbsp;<em>Esquisse de l&rsquo;histoire des progrès de l&rsquo;esprit humain&nbsp;</em>, Condorcet formule en un paragraphe le principe de l&rsquo;assurance sociale. Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;une aide ciblée sur les pauvres, mais d&rsquo;une forme de solidarité entre les travailleurs. Cela suppose que les travailleurs parviennent à dégager un surplus au-delà de leur survie immédiate, de manière à pouvoir couvrir une série de risques de leur existence&nbsp;: le grand âge, l&rsquo;invalidité, la maladie ou le chômage involontaire. Il a fallu du temps pour que cette bonne idée devienne réalité. C&rsquo;est Bismarck, à la fin du XIX&nbsp;<sup>e&nbsp;</sup>siècle, qui a mis en oeuvre le premier système d&rsquo;assurance sociale avec les pensions du Deuxième Reich allemand au moment de l&rsquo;unification allemande. Jaurès espérait, dans une intervention très éloquente à l&rsquo;Assemblée nationale, que le modèle d&rsquo;assurance sociale puisse se substituer intégralement à celui de l&rsquo;assistance sociale.</p>



<p>Enfin, un troisième modèle, que l&rsquo;on pourrait qualifier de dividende social, est apparu. La forme en est différente et ce modèle est celui du revenu de base et de l&rsquo;allocation universelle qui présentent un caractère inconditionnel. Cette inconditionnalité se décline de trois manières&nbsp;: premièrement, son versement est strictement individuel&nbsp;; on n&rsquo;a pas besoin d&rsquo;examiner la situation personnelle des individus. Deuxièmement, ce revenu est aussi inconditionnel, c&rsquo;est-à-dire universel&nbsp;: il est versé quels que soient les revenus, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse des revenus du travail ou des revenus du capital. Enfin, il n&rsquo;implique aucune contrepartie de la part de ses bénéficiaires&nbsp;: on n&rsquo;a pas besoin de savoir si vous travaillez ou si vous désirez travailler pour déterminer si vous y avez droit. Ce troisième modèle est plus récent que les deux autres. Le premier à avoir publié une proposition systématique en la matière est Joseph Charlier qui a publié à Bruxelles en 1848 son livre&nbsp;<em>Solution du problème social&nbsp;</em>. 1848 est aussi l&rsquo;année de publication, à Bruxelles également, du&nbsp;<em>Manifeste du Parti communiste&nbsp;</em>de Karl Marx. Joseph Charlier défendait une socialisation de l&rsquo;ensemble du sol et, avec certaines mesures de transition, du patrimoine immobilier&nbsp;; le loyer payé sur l&rsquo;ensemble de ce patrimoine immobilier devait être distribué entre tous les citoyens adultes d&rsquo;un pays. C&rsquo;est ce qu&rsquo;il appelait le dividende territorial. Cette idée n&rsquo;a eu aucun impact, à l&rsquo;exception de trois débats publics qui se sont tenus sur ce revenu de base. Les deux premiers débats ont été locaux et limités à un pays, tandis que la troisième occurrence de ce débat se poursuit encore aujourd&rsquo;hui.</p>



<p>Le premier débat est intervenu, peu après la première guerre mondiale, à l&rsquo;initiative d&rsquo;un ingénieur quaker au Royaume-Uni, Daniel Miller, qui avait créé un petit mouvement et publié un livre pour défendre le «&nbsp;State bonus&nbsp;», qu&rsquo;il proposait ainsi de fixer à 20&nbsp;% du PIB par tête. Les arguments qu&rsquo;il défendait alors sont très semblables à ceux qui sont encore en débat aujourd&rsquo;hui. Ce sujet a été discuté par le parti travailliste britannique, y compris lors d&rsquo;une conférence annuelle, avant d&rsquo;être finalement rejeté.</p>



<p>Le second débat s&rsquo;est déroulé aux États-Unis à la fin des années 1960 et au début des années&nbsp;1970, à l&rsquo;initiative des professeurs James Tobin et John Kenneth Galbraith, qui étaient très liés au parti démocrate et ont convaincu Georges McGovern, candidat à la présidence contre Richard Nixon, de placer le&nbsp;<em>Demogrant&nbsp;</em>sur sa plateforme électorale. Ce&nbsp;<em>Demogrant&nbsp;</em>représentait un versement de 1&nbsp;000 dollars par personne et par an pour chacun des résidents des États-Unis. McGovern n&rsquo;a pas gardé cette proposition dans son programme électoral, une fois les primaires passées et a été défait de manière spectaculaire par Richard Nixon. Cependant, l&rsquo;idée a inspiré un certain nombre d&rsquo;expérimentations de ce qu&rsquo;on appelait alors «&nbsp;l&rsquo;impôt négatif&nbsp;» aux États-Unis et au Canada, mais le débat public sur cette question s&rsquo;est tout à fait assoupi en Amérique du Nord.</p>



<p>Le troisième débat se déroule au milieu des années&nbsp;1980 en Europe, indépendamment dans plusieurs pays, en Angleterre, Belgique et aux Pays-Bas, ainsi qu&rsquo;au Pays-Bas où un syndicat de travailleuses à temps partiel a été le fer de lance d&rsquo;une campagne qui a conduit à un véritable débat public en 1985. Dans la foulée a été créé le réseau européen puis mondial BIEN et depuis lors, ce débat n&rsquo;a fait que prendre de l&rsquo;ampleur dans différents pays.</p>



<p>Quel est l&rsquo;argument fondamental pour comprendre l&rsquo;intérêt d&rsquo;une allocation universelle et en quoi celle-ci diffère-t-elle de l&rsquo;assistance sociale&nbsp;? Cette allocation est bien autre chose qu&rsquo;un instrument efficace de lutte contre la pauvreté financière. Une manière de le comprendre, c&rsquo;est de commencer par se poser la question de l&rsquo;impact de l&rsquo;introduction d&rsquo;un tel revenu inconditionnel sur la rémunération du travail, c&rsquo;est à dire le niveau des salaires. Le public est d&rsquo;ordinaire partagé sur cette question&nbsp;: va-t-elle conduire à une augmentation ou à une diminution des salaires&nbsp;? L&rsquo;intuition est de dire que, puisqu&rsquo;on dispose d&rsquo;une partie de son revenu de manière inconditionnelle, l&#8217;employeur assurera le complément nécessaire pour avoir une vie décente. Mais l&rsquo;autre intuition est de dire que disposer d&rsquo;un revenu inconditionnel et ce, même lorsqu&rsquo;on n&rsquo;est pas disposé à travailler, implique d&rsquo;augmenter les salaires pour avoir suffisamment d&#8217;emplois. La réponse correcte à cette question est que les tenants de l&rsquo;une ou l&rsquo;autre conception ont raison lorsque l&rsquo;on raisonne en fonction de catégories d&#8217;emplois différentes. Ce point est absolument crucial pour l&rsquo;argumentation en faveur de l&rsquo;allocation universelle&nbsp;: celle-ci donne la possibilité de dire oui à certains emplois et de dire non à d&rsquo;autres emplois qu&rsquo;on ne peut actuellement refuser.</p>



<p>De manière plus précise, certains emplois ne paient pas suffisamment pour qu&rsquo;on puisse en vivre aujourd&rsquo;hui&nbsp;: c&rsquo;est le cas des emplois à temps partiels, des stages, ou encore des emplois comportant un aspect de formation et qui sont payés peu, c&rsquo;est-à-dire insuffisamment pour pouvoir en vivre. D&rsquo;autres emplois, y compris ceux qui relèvent du statut de travailleur indépendant, sont considérés comme très intéressants et peuvent correspondre à une profonde vocation, mais qui ne donnent alors lieu qu&rsquo;à des revenus très incertains ou irréguliers. Grâce à l&rsquo;allocation universelle, à des emplois comme ceux-ci, qui comprennent une dose importante de transfert de capital humain, il sera plus facile de dire oui. Il sera également plus facile de dire non, en partie du fait de ces autres alternatives, aux emplois dont les conditions d&rsquo;exercice ou de rémunération ne permettent pas le plein épanouissement. Ce qui est vraiment crucial pour l&rsquo;allocation universelle, c&rsquo;est de comprendre qu&rsquo;elle va induire ces deux effets&nbsp;: la possibilité de dire non, ce qui constitue une sorte de remède pour lutter contre l&rsquo;exploitation et la trappe de l&#8217;emploi, ainsi que la possibilité de dire oui et de lutter contre l&rsquo;exclusion et le chômage.</p>



<p>La différence avec l&rsquo;assistance sociale, c&rsquo;est que l&rsquo;allocation universelle donne une liberté réelle de faire d&rsquo;autres choix. C&rsquo;est un instrument de liberté. Comme l&rsquo;écrivait Jean-Jacques Rousseau dans&nbsp;<em>les Confessions&nbsp;</em>, «&nbsp;l&rsquo;argent que l&rsquo;on a est un instrument de liberté et celui que l&rsquo;on cherche à acquérir est un instrument de servitude&nbsp;». L&rsquo;allocation universelle est à la fois un instrument de liberté et une manière d&rsquo;échapper à la servitude.</p>



<p>Enfin, quatrième et dernier point, pourquoi y a-t-il cet intérêt sans précédent&nbsp;pour l&rsquo;allocation universelle ? Selon moi, c&rsquo;est en raison d&rsquo;une perception large et plus aigüe des deux problèmes à partir desquels l&rsquo;idée m&rsquo;était initialement venue. Le premier problème, c&rsquo;est le chômage, dans un contexte d&rsquo;anticipation de son accroissement, du fait des changements technologiques qui vont conduire à la perte d&#8217;emplois. En France, les prédictions en termes de robotisation ont relancé ce débat, du fait de l&rsquo;estimation d&rsquo;une perte de deux millions d&#8217;emplois pour les seuls États-Unis. Cette problématique n&rsquo;est pas neuve, car lors des périodes antérieures d&rsquo;intérêt pour l&rsquo;allocation universelle, cet argument était déjà présent. Ici, en France, durant l&rsquo;Entre-deux-guerres, Jacques Duboin proposait un revenu social, qui n&rsquo;était pas vraiment l&rsquo;allocation universelle, dans sa publication intitulée&nbsp;<em>La grande relève des hommes par les machines&nbsp;</em>. À la fin des années&nbsp;1960, aux États-Unis, l&rsquo;un de ceux qui ont propulsé le débat s&rsquo;appelait Robert Theobald qui avait écrit un manifeste pour la «&nbsp;Triple révolution&nbsp;» dont l&rsquo;automation fournissait l&rsquo;argument central. Ce n&rsquo;est pas nouveau, mais on constate un scepticisme beaucoup plus grand sur la désirabilité de la croissance comme moyen de faire face et de répondre aux défis du progrès technologique. En 1982, personne n&rsquo;avait entendu parler du changement climatique qui est depuis lors beaucoup plus présent à l&rsquo;esprit des gens. Pourtant, le Club de Rome avait, dix ans plus tôt, émis un cri d&rsquo;alarme sur les limites technologiques de la croissance.</p>



<p>Deuxièmement, le scepticisme a également gagné, de manière nouvelle, l&rsquo;idée même de possibilité de la croissance. Vous avez sans doute entendu les déclarations répétées de M. Larry Summers, ancien président de Harvard et ministre sous Clinton, sur l&rsquo;émergence d&rsquo;une stagnation séculaire. Un tel propos contraste avec l&rsquo;idée de récession antérieure, notamment entre les deux guerres, où l&rsquo;on évoquait l&rsquo;idée d&rsquo;une stagnation temporaire et parler d&rsquo;une stagnation séculaire n&rsquo;était à l&rsquo;époque plausible pour personne. Aujourd&rsquo;hui, de plus en plus d&rsquo;économistes, fût-ce même chez ceux qui la considèrent comme désirables, disent que la croissance est devenue impossible, du moins en Europe et en Amérique du Nord.</p>



<p>Troisièmement, nous avons eu la croissance. Nos pays sont en effet beaucoup plus riches que ce qu&rsquo;ils étaient au début des Trente Glorieuses. Le problème du chômage a-t-il été résolu&nbsp;? Celui de la précarité est au moins aussi important qu&rsquo;à l&rsquo;époque&nbsp;! Il est temps qu&rsquo;on cesse de nous leurrer en nous expliquant que la solution du chômage réside dans une accélération de la croissance. Cette conviction-là est de plus en plus partagée et de nombreuses personnes se disent qu&rsquo;il est nécessaire d&rsquo;inventer un nouveau remède structurel au chômage et à l&rsquo;exclusion qui soit autre qu&rsquo;une croissance qui, si elle était possible, ne serait pas désirable et si elle était désirable, ne serait pas possible.</p>



<p>Outre cette raison fondamentale, il en est une autre, plus générale. En effet, nous avons un besoin impérieux et urgent d&rsquo;utopie réaliste. J&rsquo;étais à un festival d&rsquo;idées à Udine, en Italie, où se tenait un débat sur le djihadisme. Y participait un professeur de l&rsquo;École des hautes études, d&rsquo;origine iranienne et dont l&rsquo;analyse des causes de l&rsquo;afflux de jeunes partisans, d&rsquo;origine maghrébine ou caucasienne en faveur de l&rsquo;idée absurde d&rsquo;un Califat islamique était très convaincante. Il manque ici une utopie mobilisatrice qui aille au-delà tant d&rsquo;une sujétion au marché de plus en plus grande, que d&rsquo;une lutte pour les avantages acquis auxquels ces jeunes-là n&rsquo;ont d&rsquo;ailleurs pas accès. Il faut aspirer à un avenir. Pour pouvoir façonner cette utopie mobilisatrice, on a bien sûr besoin d&rsquo;autre chose que cette allocation universelle en restructurant la distribution des revenus et en créant ce socle qui pourrait dynamiser notre société. Ce n&rsquo;est pas le lieu aujourd&rsquo;hui d&rsquo;en discuter, mais je suis convaincu que l&rsquo;allocation universelle est essentielle lorsqu&rsquo;elle est en interaction avec d&rsquo;autres composantes qui favorisent cette évolution.</p>



<p>En conclusion, j&rsquo;ai piloté pendant toute cette année ce que nous avons appelé «&nbsp;l&rsquo;Année Louvain des utopies pour le temps présent&nbsp;», puisque nous célébrons le cinq-centième anniversaire de la publication, à Louvain, de l&rsquo;&nbsp;<em>Utopie&nbsp;</em>de Thomas More suite à l&rsquo;intervention d&rsquo;Érasme. Nous en avons profité pour nous remémorer ce glorieux début du XVI&nbsp;<sup>e&nbsp;</sup>siècle qui a été fondamental non seulement pour l&rsquo;histoire notre civilisation mais aussi à travers le monde. Nous en avons profité pour inciter tous les membres de notre communauté universitaire, des plus âgés aux plus jeunes, et tout particulièrement nos étudiants et nos chercheurs, à trouver une place pour la pensée utopique intelligente et fédératrice des disciplines, telle une sorte de «&nbsp;smart utopia&nbsp;». Ne laissons pas les ingénieurs ou les économistes travailler seuls à leur utopie&nbsp;! Il importe de travailler ensemble afin de réfléchir sur les effets pervers des idées qui peuvent apparaître, de prime abord, formidables. D&rsquo;où l&rsquo;importance du genre de discussion que nous pouvons avoir, y compris dans ce cadre-ci.<a href="http://www.senat.fr/senateur/vanlerenberghe_jean_marie01034p.html"></a></p>



<p><a href="http://www.senat.fr/senateur/vanlerenberghe_jean_marie01034p.html"><strong>M. Jean-Marie Vanlerenberghe&nbsp;</strong></a><strong>, président&nbsp;</strong>.&nbsp;&#8211;&nbsp;Merci Monsieur le Professeur. Monsieur le Rapporteur, vous avez certainement un grand nombre de questions à poser, suite à cette intervention&nbsp;?<a href="http://www.senat.fr/senateur/percheron_daniel83047w.html"></a></p>



<p><a href="http://www.senat.fr/senateur/percheron_daniel83047w.html"><strong>M. Daniel Percheron&nbsp;</strong></a><strong>, rapporteur&nbsp;</strong>.&nbsp;<strong>&#8211;&nbsp;</strong>C&rsquo;est tout de même le silence qui s&rsquo;impose, avec Thomas More, Jaurès, Condorcet à l&rsquo;isolement attendant le verdict. L&rsquo;utopie dans une société qui, malgré l&rsquo;État providence, sort de l&rsquo;autorité et de l&rsquo;organisation millénaire de la religion&nbsp;: avouez qu&rsquo;il n&rsquo;est pas simple de passer à l&rsquo;allocation universelle&nbsp;! Vous êtes professeur en Belgique et êtes ainsi au coeur d&rsquo;un État providence comme en France. Le financement de l&rsquo;État providence en France repose sur le travail et, malgré cela, une partie de ceux qui produisent est dans la rue, à quelques mètres d&rsquo;ici. Le malentendu existe face au chômage, aux nouvelles technologies et à l&rsquo;accélération foudroyante du progrès. Vous êtes très convaincant, mais il faut que vous nous répondiez, par rapport au PIB, aux prélèvements, au ras-le-bol fiscal, à l&rsquo;éloge de la paresse, à tous ces thèmes aujourd&rsquo;hui.</p>



<p>Comment finance-t-on le revenu universel&nbsp;? Il y a des présidents de département, qui sont irremplaçables dans la mise en oeuvre de l&rsquo;État providence, au plus près des populations, qui essaient une pédagogie tout à fait remarquable. Il y a aussi, depuis l&rsquo;école de Chicago, une invasion de la planète par les théories monétaristes et de libre-échange. Un tel dispositif coûte cher et peut remplacer d&rsquo;autres allocations. Un tel dispositif permet également à la jeunesse de croire à nouveau dans l&rsquo;intégration naturelle et l&rsquo;ascenseur social. Avez-vous quelques pistes, compte tenu des milliards d&rsquo;euros qui se profilent, dans le cadre de la campagne présidentielle, des campagnes départementales et du malentendu des élections régionales&nbsp;? Pouvez-vous argumenter de manière à la fois homéopathique et efficace le financement de cette utopie&nbsp;?</p>



<p><strong>M. Philippe Van Parijs. &#8211;&nbsp;</strong>Le montant de l&rsquo;allocation universelle, telle que je l&rsquo;ai évoquée, n&rsquo;est pas fixé de manière définitive. Cette allocation est-elle finançable&nbsp;? C&rsquo;est une question qui demeure sans réponse si l&rsquo;on ne précise pas son montant. Je suis philosophe et j&rsquo;ai beaucoup de mal à raisonner en milliards, surtout en circulant d&rsquo;un pays à l&rsquo;autre où tel ou tel montant peut s&rsquo;avérer relatif. Je suis cependant capable de raisonner en termes de pourcentages du produit intérieur brut (PIB). Des différences énormes se font alors jour.</p>



<p>Cette allocation universelle existe aujourd&rsquo;hui dans deux endroits dans le monde&nbsp;: en Alaska, depuis 1982, où un fonds a été constitué à partir de l&rsquo;exploitation du pétrole, à l&rsquo;initiative d&rsquo;un gouverneur républicain qui a souhaité que les dividendes de cette dernière profitent aux générations ultérieures. Il permet ainsi aux Alaskais de devenir parties-prenantes dans l&rsquo;exploitation de ce fonds qui distribue des dividendes annuels. Le second exemple, plus instable et récent, est Macao où, depuis 4 ans, les résidents permanents de Macao reçoivent un revenu annuel provenant des gains des casinos. Dans ces deux endroits, le PIB par tête est très élevés&nbsp;: en Alaska, c&rsquo;est le plus élevé des États-Unis. Le dividende annuel distribué en Alaska et à Macao fluctue entre 2 et 3&nbsp;% du PIB par tête, en fonction de l&rsquo;évolution de la bourse.</p>



<p>À l&rsquo;autre extrême, le référendum Suisse du 5 juin dernier, portait sur une proposition se déclinant en trois articles&nbsp;: premièrement, la Confédération introduit un revenu de base inconditionnel&nbsp;; deuxièmement, ce revenu inconditionnel doit suffire à une vie digne et à une participation à la vie publique&nbsp;; troisièmement, le pouvoir législatif en déterminera à la fois le montant et le mode de financement. Aucun montant n&rsquo;était explicitement formulé, mais dans les commentaires des initiateurs de la proposition, il était évoqué un revenu strictement individuel mensuel de 2&nbsp;500 francs suisses, soit d&rsquo;environ 2&nbsp;300 euros. Il eût ainsi représenté quelque 38&nbsp;% du PIB de la Suisse. J&rsquo;ai participé à plusieurs reprises aux débats en Suisse, notamment à Genève, à Zurich et dans les médias suisses. Il s&rsquo;agissait d&rsquo;un montant qu&rsquo;il serait irresponsable d&rsquo;introduire.</p>



<p>Manifestement, des différences très grandes existent donc quant aux niveaux évoqués. Pour des pays comme la France ou la Belgique, on peut songer, en régime de croisière, à un revenu de base strictement individuel qui représente 25&nbsp;% du PIB par tête. Rien n&rsquo;interdit d&rsquo;y aller plus lentement comme on a pu le faire dans les deux autres modèles de protection sociale. En effet, les pensions de Bismarck étaient très faibles par rapport à celles servies par le régime français de retraite actuel. De la même manière, ce qui était distribué aux mendiants d&rsquo;Ypres était très faible par rapport à ce qui est aujourd&rsquo;hui distribué sous la forme du RSA en France. Il faut imaginer cet ordre de grandeur &#8211; entre 15 et 25&nbsp;% du PIB par tête.</p>



<p>Pour autant, il ne s&rsquo;agit pas de balayer les autres modèles de protection sociale. Toute proposition réaliste d&rsquo;un revenu de base dans des pays comme les nôtres concerne ainsi un revenu socle qui viendrait se positionner en-dessous de l&rsquo;ensemble de la distribution des revenus, y compris un certain nombre d&rsquo;allocations conditionnelles qui resteront soumises aux mêmes conditions qu&rsquo;antérieurement.<a href="http://www.senat.fr/senateur/percheron_daniel83047w.html"></a></p>



<p><a href="http://www.senat.fr/senateur/percheron_daniel83047w.html"><strong>M. Daniel Percheron&nbsp;</strong></a><strong>, rapporteur&nbsp;</strong>.&nbsp;<strong>&#8211;&nbsp;</strong>C&rsquo;est votre position&nbsp;?</p>



<p><strong>M. Philippe Van Parijs&nbsp;</strong>. &#8211; C&rsquo;est ma position. Pour répondre à l&rsquo;une de vos questions, 450 euros par tête en France, soit 15&nbsp;% du PIB, me paraît une proposition envisageable. La semaine dernière, cette question a été abordée en Belgique, non seulement parce que le Ministre-Président de la Région Wallonne, M. Paul Magnette, l&rsquo;une des personnalités les plus en vue du parti socialiste belge, a souligné que l&rsquo;allocation universelle s&rsquo;inscrivait dans le sens de l&rsquo;histoire, mais aussi en raison d&rsquo;une proposition du président d&rsquo;un centre public d&rsquo;aide sociale, de retenir un montant de 600&nbsp;euros par personne, soit 24&nbsp;% du PIB par habitant. Il faut penser à ce genre de montant. Naturellement, pour des personnes qui reçoivent une allocation chômage d&rsquo;un montant supérieur, ces 600&nbsp;euros représenteraient la base à laquelle pourrait alors s&rsquo;ajouter un complément disponible selon le type de condition qu&rsquo;on a actuellement.<a href="http://www.senat.fr/senateur/percheron_daniel83047w.html"></a></p>



<p><a href="http://www.senat.fr/senateur/percheron_daniel83047w.html"><strong>M. Daniel Percheron&nbsp;</strong></a><strong>, rapporteur&nbsp;</strong>.&nbsp;<strong>&#8211;&nbsp;</strong>Si je résume vos propos&nbsp;: le socle, ce serait le revenu universel et inconditionnel&nbsp;; la conditionnalité s&rsquo;appliquerait ensuite à beaucoup d&rsquo;aides sociales en fonction de l&rsquo;individualisation des cas.</p>



<p><strong>M. Philippe Van Parijs&nbsp;</strong>.&nbsp;<strong>&#8211;&nbsp;</strong>Oui, mais dans moins de cas aujourd&rsquo;hui, du moins en ce qui concerne la Belgique et ce, pour deux raisons. D&rsquo;une part, un certain nombre d&rsquo;allocations sont inférieures à ce montant et il faut ainsi intégrer ce type de données dans la réforme de l&rsquo;impôt. D&rsquo;autre part, comme il s&rsquo;agit d&rsquo;un socle, la trappe du chômage et à exclusion est réduite, sans la combler tout à fait, puisque cette allocation universelle est combinable avec un travail à temps partiel inférieur au montant garanti à chacun, mais qui est combinable avec ce revenu socle&nbsp;; ce que, du reste, les actuels revenus minimums garantis ne permettent pas dans leur grande majorité.<a href="http://www.senat.fr/senateur/vasselle_alain92045v.html"></a></p>



<p><a href="http://www.senat.fr/senateur/vasselle_alain92045v.html"><strong>M. Alain Vasselle&nbsp;</strong></a>.&nbsp;&#8211; J&rsquo;aurai une réaction, en vous écoutant, qui vous semblera sans doute un peu provocatrice&nbsp;: on distribue cette allocation française universelle d&rsquo;un montant de 450&nbsp;euros à tous les résidents français dès l&rsquo;âge de dix-huit ans, et après qu&rsquo;adviendra-t-il&nbsp;? Vous avez bien développé les vertus de cette allocation universelle. À vous entendre, grâce à cette allocation universelle, les Français pourraient enfin connaître un réel épanouissement dans leur vie. Mais pensez-vous réellement que cette allocation universelle, qui pourrait notamment être cumulée avec un certain nombre de droits connexes dont le recensement et l&rsquo;évaluation font aujourd&rsquo;hui défaut, le permettrait-elle&nbsp;? La question complémentaire que je pose est la suivante&nbsp;: faut-il remettre en cause l&rsquo;échelle des salaires suite au cumul de cette allocation universelle avec une activité professionnelle&nbsp;? On remet alors en cause le salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC) qui intègre pour l&rsquo;entreprise les 450&nbsp;euros d&rsquo;allocation qui serait alors à la charge de l&rsquo;entreprise. Il faudrait en mesurer l&rsquo;impact en termes de baisse de charges pour l&rsquo;entreprise. Mais ces 450 euros entreraient-ils alors dans l&rsquo;assiette des cotisations sociales, car il importe d&rsquo;aller au-delà du simple versement d&rsquo;un revenu minimal pour accorder la protection sociale, que ce soit en matière de santé et de retraite. Je réagis à chaud par rapport à la proposition que vous faîtes&nbsp;!</p>



<p><strong>M. Philippe Van Parijs&nbsp;</strong>.&nbsp;<strong>&#8211;&nbsp;</strong>Ces questions me paraissent légitimes. L&rsquo;allocation universelle n&rsquo;est pas une garantie d&rsquo;épanouissement pour chaque Français, mais plutôt un remède à un certain nombre de défauts de notre système actuel de protection sociale de manière à l&rsquo;ajuster aux défis du XXI&nbsp;<sup>e&nbsp;</sup>siècle. Cette démarche, donne une possibilité accrue de dire oui ou non à un emploi qui est sensible au montant et à la proportion du niveau du PIB qu&rsquo;il représente. Mais il importe d&rsquo;y aller graduellement, car il faut que la demande de travail s&rsquo;y ajuste. Procéder graduellement permet, d&rsquo;une part, de multiplier le développement de ces emplois, à haute qualité de formation, en raison de la possibilité plus grande de dire oui&nbsp;; de tels emplois ayant plus de sens pour les personnes qui les occupent. D&rsquo;autre part, cette démarche force à un ajustement pour les emplois qui ne présentent pas ces qualités et qui risquent de connaître une pénurie de candidats. Alors il faudra essayer d&rsquo;automatiser ces tâches et de remplacer les gens par des machines, ou, si cette démarche n&rsquo;est pas possible, essayer d&rsquo;améliorer leur qualité. Si cette perspective n&rsquo;était ni possible ni désirable, il conviendrait alors de les rémunérer davantage. Il faudra un certain temps pour que cela intervienne. L&rsquo;allocation universelle induit une dynamique au sein de l&rsquo;économie et de la société qui correspond aux exigences de notre monde, à la fois en raison des contraintes écologiques et des nouvelles possibilités technologiques qui devraient être couplées avec une transformation réellement révolutionnaire de notre système d&rsquo;enseignement. Je n&rsquo;aborderai pas ce dernier sujet qui me passionne, mais je suis tout à fait d&rsquo;accord avec vous pour dire que le versement de cette allocation n&rsquo;est pas la panacée qui va épanouir d&#8217;emblée tous les Français.</p>



<p>S&rsquo;agissant de la question des rapports avec le SMIC, je n&rsquo;ai pas personnellement étudié ce point en France. Je l&rsquo;ai fait en revanche pour la Belgique pour laquelle nous avons fait des micro-simulations, avec des allocations, fût-ce même d&rsquo;un niveau relativement faible. Dans le cas belge, toute proposition de financement à un niveau relativement faible doit passer par la réforme de l&rsquo;impôt sur les personnes physiques. Dans tous nos pays, nous avons une forme d&rsquo;exonération des premières tranches de revenus et des taux faibles sur les tranches suivantes, à des taux bien inférieurs au taux marginal de la plupart des contribuables. Ces cadeaux fiscaux seraient remplacés par l&rsquo;allocation universelle et ce, même pour les personnes bénéficiaires des revenus les plus élevés. Les gens qui sont au SMIC verront les premières tranches de leur salaire davantage imposées qu&rsquo;elles ne le sont aujourd&rsquo;hui. Les revenus bruts des travailleurs à temps plein au SMIC ne seront ainsi pas réellement modifiés et les raisons d&rsquo;avoir un SMIC ne disparaîtront pas en cas d&rsquo;allocation universelle. Mais alors, dans quelle mesure la trappe du chômage est-elle diminuée&nbsp;? En raison de l&rsquo;augmentation considérable et souhaitable du travail à temps partiel voulu et choisi. L&rsquo;allocation universelle est à la fois un moyen pour ceux qui se rendent malades, parce qu&rsquo;ils travaillent trop, de réduire leur temps de travail et ainsi de libérer leurs emplois de manière temporaire ou partielle en faveur de ceux qui ne parviennent pas à en trouver un. D&rsquo;après nos micro-simulations, les principaux gagnants nets de l&rsquo;introduction de l&rsquo;allocation universelle sont les travailleurs à temps partiel. Il faut désormais considérer le travail à temps partiel comme une forme d&rsquo;investissement dans notre capital humain puisqu&rsquo;il permet de concilier la formation et le développement de nouvelles capacités. Il faut ainsi abandonner cette idée qu&rsquo;on est formé pour la vie après quelques années d&rsquo;enseignement après les études secondaires. Ce temps partiel est également un investissement dans la génération plus jeune puisque les parents qui en bénéficient peuvent prendre plus de temps pour s&rsquo;occuper de leurs enfants au moment où ils voient que ces enfants en ont en besoin. Ce temps partiel est lié à la question du SMIC qui aura toute sa raison d&rsquo;être en cas de l&rsquo;allocation universelle. Comment sortons-nous alors de la trappe du chômage, puisqu&rsquo;il faudra prévoir que tout emploi viable soit suffisamment rentable pour que l&#8217;employeur soit en mesure de payer le SMIC&nbsp;? Ce qui va être systématiquement encouragé, c&rsquo;est une multiplicité d&#8217;emplois à temps partiel, y compris sous la forme d&rsquo;un travail non salarié, indépendant, en partenariat avec d&rsquo;autres et avec toutes les incertitudes que l&rsquo;on peut assumer du moment qu&rsquo;on peut compter sur ce revenu socle.<a href="http://www.senat.fr/senateur/de_legge_dominique08034u.html"></a></p>



<p><a href="http://www.senat.fr/senateur/de_legge_dominique08034u.html"><strong>M. Dominique de Legge&nbsp;</strong></a>.&nbsp;&#8211;&nbsp;J&rsquo;ai bien compris la différence philosophique entre ce que vous présentez et le mécanisme d&rsquo;assistance sociale. Vos propos me conduisent à formuler une observation et à poser plusieurs questions. Premièrement, si l&rsquo;on part d&rsquo;une redistribution moyenne de 450&nbsp;euros par mois pour des personnes âgées de plus de dix-huit ans, on se place à peu près au niveau que l&rsquo;on connaît actuellement. Il n&rsquo;y a pas de sensible amélioration. Deuxièmement, vous confirmez bien que ce dispositif est déconnecté complètement du dispositif assurantiel sur le plan assurance-chômage, maladie et vieillesse. Si tel est le cas, ne peut-on pas analyser la proposition que vous formulez comme la création d&rsquo;une allocation unique qui serait une forme de simplification du dispositif assez complexe qui repose, en France, sur une vingtaine d&rsquo;allocations entre la naissance et la mort&nbsp;? Enfin, dans un contexte budgétaire très contraint et, dans notre tradition française égalitaire, pensez-vous que le versement d&rsquo;une allocation à tout le monde, quel que soit le revenu, soit considéré comme opportun&nbsp;? Ne risque-t-on pas d&rsquo;y voir là un cadeau destiné aux plus riches&nbsp;?<a href="http://www.senat.fr/senateur/vaugrenard_yannick11066q.html"></a></p>



<p><a href="http://www.senat.fr/senateur/vaugrenard_yannick11066q.html"><strong>M. Yannick Vaugrenard&nbsp;</strong></a>.&nbsp;&#8211;&nbsp;Merci beaucoup pour vos propos introductifs et ceux qui ont suivi. Ce que vous proposez conduit à une révolution de la pensée et des comportements qui s&rsquo;entrechoque avec les perspectives ou les échéances électorales qui sont toujours de court-terme. Pour que soit conduite une réflexion en profondeur, à la fois philosophique et économique, des propositions et de leurs perspectives, il faudrait que les responsables politiques, dont nous sommes, fassent abstraction, en toute honnêteté intellectuelle, des échéances à venir. C&rsquo;est là la principale difficulté, en raison du fonctionnement démocratique et médiatique de notre pays. Par ailleurs, il faut dresser un constat. Je rappellerai quelques chiffres&nbsp;: la France compte trois millions d&rsquo;enfants vivant en-dessous du seuil de pauvreté&nbsp;; un enfant sur deux vit dans une zone urbaine sensible et pour beaucoup, le revenu universel représente une allocation de survie en quelque sorte. Ce n&rsquo;est ni plus ni moins que cela, mais une telle démarche a toute son importance. Comme le disait un grand philosophe, nous ne sommes pas encore libres&nbsp;; nous avons seulement atteints la liberté d&rsquo;être libres. Un tel constat vaut pour tous, que ce soit pour les personnes en situation de pauvreté ou nous-mêmes. Il faut bousculer tout cela, pour arriver à convaincre en quelque sorte. Une fois les principes philosophiques développés, ceux-ci s&rsquo;entrechoquent avec la réalité économique de court terme. Il y a peu à la fois de philosophes et d&rsquo;économistes, comme Karl Marx en son temps. On a besoin de cela, car nous sommes confrontés au réel et ceux qui sont aujourd&rsquo;hui en situation de grande précarité sont montrés du doigt et considérés comme des profiteurs d&rsquo;une sorte d&rsquo;assistance, alors que je considère que ces personnes sont des ayants-droits de notre République. C&rsquo;est un vrai combat à mener, de manière noble et paisible, pour essayer de faire évoluer les mentalités, afin d&rsquo;éviter qu&rsquo;elles ne soient corsetées dans une vision de court-terme. Je souhaiterais avoir votre avis sur ce point. En outre, la proposition que vous défendez répond déjà au phénomène central du non-recours des ayant-droits, que ce soit pour le RSA ou d&rsquo;autres aides sociales, qui est aujourd&rsquo;hui considérable. À&nbsp;partir du moment où un dispositif est automatisé, le problème des complexités administratives est résolu. L&rsquo;allocation universelle répond à cette difficulté et s&rsquo;avère ainsi, d&rsquo;un point de vue humain, d&rsquo;une valeur tout à fait considérable.</p>



<p><strong>M. Philippe Van Parijs&nbsp;</strong>.&nbsp;<strong>&#8211;&nbsp;</strong>Je partage les considérations générales qui viennent d&rsquo;être évoquées, s&rsquo;agissant notamment de la difficulté à réconcilier cette réflexion à long terme avec la prise à bras le corps des nouveaux défis avec les échéances politiques. Une chose demeure remarquable&nbsp;à mes yeux : c&rsquo;est le degré auquel ces propositions divisent les partis politiques, ce qui représente à court terme une difficulté et à plus long terme un atout. Une difficulté tout d&rsquo;abord puisqu&rsquo;aucun d&rsquo;eux d&rsquo;ailleurs ne souhaite mettre cette mesure à son programme tant elle est un facteur de division. En Suisse, des débats parlementaires ont eu lieu avant la votation populaire&nbsp;: si les partis de droite ont voté unanimement contre cette mesure, les partis socialistes et écologiques étaient divisés entre partisans et opposants à cette mesure. À plus long terme, il faudra obtenir le même type de consensus pour instaurer ce troisième modèle de protection sociale que celui qu&rsquo;on a pu obtenir pour les deux précédents. Il ne faut pas qu&rsquo;une nouvelle majorité démantèle ce qui a été créé par la précédente. En fait, à travers l&rsquo;Europe, ce sont plutôt les partis chrétiens-démocrates, plutôt localisés à droite initialement, qui ont introduit les systèmes d&rsquo;assurance sociale grâce à un consensus suffisamment large sur la base du système. Dans certains pays, comme en Finlande, la proposition d&rsquo;un revenu de base, initialement portée par les écologistes et la gauche du parti social-démocrate qui sont tous deux dans l&rsquo;opposition aujourd&rsquo;hui, est désormais relayée par le «&nbsp;parti des vrais Finlandais&nbsp;», membre le plus à droite de l&rsquo;actuelle coalition gouvernementale qui a pourtant mis cette mesure-là à l&rsquo;ordre du jour. Certes, des différences se sont faites jour entre les différentes versions, mais la question n&rsquo;est pas tant celle du montant que celle de savoir ce que l&rsquo;on remplace. Sur le fond, il s&rsquo;agit d&rsquo;un défi permanent. Nos démocraties sont rythmées par les échéances électorales, dans certains pays plus particulièrement. En Suisse, la dynamique est profondément différente de celle que l&rsquo;on trouve en France, puisque ce pays est doté d&rsquo;une assemblée et d&rsquo;un gouvernement constitués à la proportionnelle où toute forme d&rsquo;alternance est empêchée, puisque tous les partis se trouvent représentés dans le Conseil fédéral.</p>



<p>Comme vous l&rsquo;avez souligné, le montant évoqué pour l&rsquo;allocation universelle ne changera pas grand&rsquo; chose à la situation des ménages les plus défavorisés. Or, pour ceux-ci, des changements surviendront, en raison du nombre de personnes qui ne font pas valoir leurs droits à un certain nombre de transferts. France stratégie a publié un rapport dans lequel il était indiqué qu&rsquo;en France, la moitié des ayant-droits du RSA-socle ne faisait pas valoir ses droits. Le taux de pauvreté en Suisse est de 7,5&nbsp;%, alors que seuls 2,5&nbsp;% des personnes disposent de l&rsquo;aide sociale, soit un taux de non-versement extrêmement important. Le fait d&rsquo;avoir formellement droit à quelque chose ne signifie pas qu&rsquo;on fait effectivement valoir ses droits. Les personnes qui sont dans cette situation sont les plus démunies également en matière d&rsquo;information et le revenu universel induit une réelle différence. Mais, outre cette question des ayant-droits, le fait que ce revenu soit un socle et non un filet, c&rsquo;est-à-dire qu&rsquo;il soit combinable avec d&rsquo;autres prestations ou revenus, instille une dynamique et une plus grande liberté quant au choix d&rsquo;activités. Il permet également aux ménages de sortir de l&rsquo;exclusion puisqu&rsquo;il est possible de cumuler sans limite leur socle avec des revenus du travail, fût-il à temps partiel. C&rsquo;est là une différence dynamique, et non statique, avec notamment le RSA.</p>



<p>L&rsquo;allocation universelle, telle que je la conçois, n&rsquo;a pas vocation à se substituer au système en vigueur. Loin de n&rsquo;être qu&rsquo;une seule allocation pour tous, elle constitue est un socle qui peut se substituer entièrement à certains transferts, si ce socle est suffisamment important. En particulier, les couples, qui sont actuellement au revenu conditionnel dans certains pays, n&rsquo;auront plus besoin d&rsquo;une intrusion quelconque dans leur vie privée pour savoir s&rsquo;ils ont droit à quelque chose. En revanche, pour toutes les propositions sérieuses d&rsquo;allocation universelle, ce sera insuffisant pour pouvoir en vivre, si l&rsquo;on vit seul dans une ville où le coût du logement est très élevé. Pour ces personnes-là, il faudra un complément et qu&rsquo;un travailleur social s&rsquo;occupe de leur situation n&rsquo;est pas une mauvaise chose, car cette démarche permet de rompre l&rsquo;isolement dans lequel elles sont bien souvent confinées.</p>



<p>L&rsquo;allocation universelle induit également une simplification pour deux raisons. D&rsquo;abord, en partie parce que les allocations, ou certains avantages fiscaux qu&rsquo;il est parfois plus difficile d&rsquo;obtenir, sont plus faibles que son montant. Ensuite, parce qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un socle qui permet de sortir de cette situation d&rsquo;ayant-droits conditionnels, du fait de la possibilité de combiner un revenu du travail.</p>



<p>Enfin, votre dernière question portait sur la compréhension par l&rsquo;opinion de l&rsquo;octroi d&rsquo;une allocation universelle aux plus riches. Donner aux riches comme aux pauvres est en fait mieux pour les pauvres, car les riches paieront pour leur allocation universelle. On leur supprimera ainsi leur exonération pour les premières tranches d&rsquo;impôt ainsi que les taux faibles s&rsquo;appliquant aux tranches suivantes. S&rsquo;il y a des gagnants nets du système, en particulier parmi les travailleurs à temps partiel, un ajustement fiscal devra être effectué. Par exemple, si l&rsquo;on introduisait une allocation universelle en Belgique, je ne devrais pas me demander comment l&rsquo;utiliser, parce qu&rsquo;en fait, à la fin du mois, mon salaire serait certainement moindre que ce dont je dispose actuellement, car un professeur d&rsquo;université, en fin de carrière et au barème maximal, figure parmi les 6 à 7&nbsp;% des salariés les plus riches du pays. Je devrai ainsi contribuer au financement de cette allocation universelle. Mon incitation au travail sera-t-elle réduite&nbsp;? Bien sûr que non&nbsp;! Et ma réponse vaut également pour les autres personnes qui seront soumises à ce type de régime. Ce n&rsquo;est pas qu&rsquo;on gaspille en donnant aux riches. Il faut se garder d&rsquo;une sorte de myopie, y compris parmi les personnes qui sont préoccupées par la réduction de la pauvreté, et réfléchir en termes d&rsquo;équilibre général à l&rsquo;effet comparé de ces deux dispositifs.<a href="http://www.senat.fr/senateur/percheron_daniel83047w.html"></a></p>



<p><a href="http://www.senat.fr/senateur/percheron_daniel83047w.html"><strong>M. Daniel Percheron&nbsp;</strong></a><strong>, rapporteur&nbsp;</strong>.&nbsp;&#8211;&nbsp;Vous êtes vraiment un professeur belge&nbsp;! Lorsque vous indiquez que le revenu universel augmentera votre fiscalité et fera de vous un contributeur amélioré, vous êtes tout à fait étranger au raisonnement des classes moyennes françaises&nbsp;!</p>



<p><strong>M. Philippe Van Parijs&nbsp;</strong>.&nbsp;<strong>&#8211;&nbsp;</strong>Peut-être aussi aux classes moyennes belges&nbsp;! Mais je pense qu&rsquo;il est nécessaire de réhabiliter l&rsquo;impôt. Outre que les augmentations de capital échappent largement à l&rsquo;imposition, en comparaison avec ce que payent les travailleurs, une inégalité très forte demeure dans la distribution des revenus du travail. L&rsquo;un de mes collègues faisait remarquer que si l&rsquo;on payait les joueurs de l&rsquo;équipe nationale belge seulement un million d&rsquo;euros par an, ceux-ci ne marqueraient pas moins de buts&#8230; On a besoin d&rsquo;une fiscalité qui soit beaucoup plus forte. La plus grande partie de notre revenu est un cadeau, qui résulte de l&rsquo;accumulation du capital et de l&rsquo;innovation technologique qui nous a précédés, et non de notre effort individuel. La plus grande part de mon revenu résulte de ce que je n&rsquo;ai pas fait. Il suffit de comparer mon revenu avec les mêmes activités d&rsquo;enseignement conduites il y a deux cent ans à Calcutta pour mesurer l&rsquo;immensité de ce cadeau. Ce que fait l&rsquo;impôt, loin de confisquer une partie du capital de ceux qui ont beaucoup travaillé et de le distribuer à d&rsquo;autres, c&rsquo;est d&rsquo;assurer le partage plus équitable de ce qu&rsquo;on a reçu.<a href="http://www.senat.fr/senateur/percheron_daniel83047w.html"></a></p>



<p><a href="http://www.senat.fr/senateur/percheron_daniel83047w.html"><strong>M. Daniel Percheron&nbsp;</strong></a>, r&nbsp;<strong>apporteur&nbsp;</strong>.&nbsp;<strong>&#8211;&nbsp;</strong>Je pense, Monsieur le professeur, que vous pouvez obtenir de 3 à 4 % au premier tour dans une ville moyenne avec ce raisonnement-là, dans l&rsquo;état de la France d&rsquo;aujourd&rsquo;hui&nbsp;! Mais vous pouvez gagner éventuellement si vous convainquez. Vous avez été très précis et avez évoquez l&rsquo;Alaska. Certes, on ne peut deviner, en écoutant Mme Sarah Palin, que son État est à la pointe de la modernité dans le domaine social. Vous avez également répété à plusieurs reprises l&rsquo;idée d&rsquo;une démarche progressive. Êtes-vous totalement étranger une expérimentation bien localisée, progressive et régulièrement évaluée&nbsp;?</p>



<p><strong>M. Philippe Van Parijs&nbsp;</strong>.&nbsp;<strong>&#8211;&nbsp;</strong>Tout dépend de ce qu&rsquo;on entend par cette notion. Plusieurs expérimentations sont planifiées ou en cours. J&rsquo;y crois beaucoup en termes de publicité autour de l&rsquo;idée, mais ces dernières ne nous donneront aucun enseignement décisif quant aux effets de l&rsquo;introduction véritable d&rsquo;une allocation universelle. Certes, la plus sérieuse expérimentation doit avoir lieu, pendant deux ans, en Finlande et sera la plus importante jamais réalisée en Europe. Si la Cour constitutionnelle finlandaise donne son accord, en considérant qu&rsquo;elle ne consacre pas une forme d&rsquo;inégalité parmi les citoyens &#8211; puisque seuls certains d&rsquo;entre eux bénéficieront de cette allocation &#8211; cette expérimentation devrait débuter le 1er janvier prochain.</p>



<p>Les difficultés méthodologiques quant à la constitution de l&rsquo;échantillon mises à part, trois problèmes fondamentaux demeurent. Le premier réside dans la limitation de la durée d&rsquo;expérimentation qui fausse les comportements. En effet, les Finlandais concernés vont-ils quitter leur emploi pendant la durée de l&rsquo;expérimentation&nbsp;? Quel va être l&rsquo;effet net&nbsp;si l&rsquo;on introduit une telle mesure à durée indéterminée ? On ne peut le déterminer. D&rsquo;ailleurs, toutes les autres expérimentations, y compris celles ayant trait à l&rsquo;impôt négatif, partageaient cette difficulté. Au Kenya, dans un contexte tout à fait différent il est vrai, une expérience sur dix ans devrait être conduite. On relativise certes ces difficultés, sans pour autant les éliminer, sur une telle durée à l&rsquo;issue de laquelle le politique aura peut-être perdu tout intérêt pour cette mesure, comme cela s&rsquo;était produit au Canada.</p>



<p>La seconde difficulté réside dans la mesure, non de manière statique à court-terme, de l&rsquo;impact de cette mesure, mais plutôt dans la dynamique qu&rsquo;elle créée à plus long terme sur le marché de l&#8217;emploi. Une série d&#8217;emplois, qui augmentent considérablement le capital humain mais qui génèrent, dans le même temps, des revenus incertains, va ainsi se développer. Ces effets-là ne pourront être détectés du fait du caractère nécessairement restrictif de l&rsquo;échantillon de personnes bénéficiaires de cette expérimentation par rapport au marché du travail global, comme en Finlande notamment.<a href="http://www.senat.fr/senateur/percheron_daniel83047w.html"></a></p>



<p><a href="http://www.senat.fr/senateur/percheron_daniel83047w.html"><strong>M. Daniel Percheron&nbsp;</strong></a><strong>, rapporteur&nbsp;</strong>.&nbsp;<strong>&#8211;&nbsp;</strong>C&rsquo;est votre conviction&nbsp;?</p>



<p><strong>M. Philippe Van Parijs&nbsp;</strong>.&nbsp;<strong>&#8211;&nbsp;</strong>0,1&nbsp;% du marché du travail n&rsquo;aura aucun impact visible au niveau de l&rsquo;offre des emplois. Il y a encore une troisième difficulté. On peut placer dans l&rsquo;échantillon des personnes qui vont gagner plus, en net, suite à l&rsquo;introduction de la mesure&nbsp;; mais on ne pourra pas mettre dans cet échantillon des personnes qui, comme moi, seraient perdantes en cas d&rsquo;introduction de la mesure. Ce qui fait que tous les contributeurs nets, suite à la réforme, seront nécessairement exclus de l&rsquo;échantillon. Tous ceux qui sont opposés à la mesure, quelle qu&rsquo;en soit la forme, pourront donc toujours réfuter une quelconque valeur méthodologique à l&rsquo;échantillon. Ceux dont les taux marginaux ont été augmentés n&rsquo;ont pu réagir. Cela signifie que l&rsquo;application à l&rsquo;ensemble de la population n&rsquo;aurait plus cette contrainte du délai, aurait un impact direct sur les emplois disponibles et, enfin, les contributeurs nets seraient impliqués, puisqu&rsquo;ils financeraient la mesure, à l&rsquo;inverse des expériences pilotes en Inde ou en Namibie conduites avec des fonds extérieurs. Cela ne signifie pas qu&rsquo;on se lance dans l&rsquo;aventurisme au sens propre&nbsp;; mais il faut plutôt le faire, comme avec Bismarck ou à Ypres, de manière graduelle. Les pensions Bismarck avaient jusqu&rsquo;alors été considérées comme une utopie totale&nbsp;!<a href="http://www.senat.fr/senateur/percheron_daniel83047w.html"></a></p>



<p><a href="http://www.senat.fr/senateur/percheron_daniel83047w.html"><strong>M. Daniel Percheron&nbsp;</strong></a>, r&nbsp;<strong>apporteur&nbsp;</strong>.&nbsp;<strong>&#8211;&nbsp;</strong>Un peu comme Lula au Brésil&nbsp;?</p>



<p><strong>M. Philippe Van Parijs&nbsp;</strong>.&nbsp;<strong>&#8211;&nbsp;</strong>Le cas de Lula est différent.<a href="http://www.senat.fr/senateur/vanlerenberghe_jean_marie01034p.html"></a></p>



<p><a href="http://www.senat.fr/senateur/vanlerenberghe_jean_marie01034p.html"><strong>M. Jean-Marie Vanlerenberghe&nbsp;</strong></a><strong>, président&nbsp;</strong>.&nbsp;&#8211;&nbsp;Vous venez de faire l&rsquo;éloge de la réforme graduelle. J&rsquo;y crois beaucoup et on n&rsquo;y arrive pas de manière brutale. Mon expérience de maire, et mon collègue rapporteur pourrait également en témoigner à l&rsquo;aune de sa propre expérience de président de région, me laisse à penser que les réformes les plus faciles à accepter sont celles qui relèvent d&rsquo;une logique gagnant-gagnant. J&rsquo;ai pu ainsi passer du système de district à la communauté urbaine parce que tout le monde était gagnant et que je disposais de revenus supplémentaires. Cette mesure s&rsquo;est révélée extrêmement bénéfique pour les populations parce que l&rsquo;État nous y aidait.</p>



<p>Il faudrait trouver un revenu qui vienne s&rsquo;ajouter, comme en Alaska ou à Macao où la redistribution de revenus issus de ressources spécifiques a un sens. Qu&rsquo;est-ce qui pourrait contribuer à améliorer la redistribution dans nos États actuels&nbsp;? J&rsquo;ai bien compris que vous étiez le farouche partisan d&rsquo;une allocation socle venant s&rsquo;ajouter à tout le reste. Nous allons d&rsquo;ailleurs écouter cet après-midi M. Christophe Sirugue, auteur d&rsquo;un rapport au Premier ministre proposant l&rsquo;instauration d&rsquo;un revenu-socle rassemblant plusieurs prestations déjà existantes en une seule. Cette démarche peut constituer un premier pas.</p>



<p><strong>M. Philippe Van Parijs&nbsp;</strong>.&nbsp;<strong>&#8211;&nbsp;</strong>C&rsquo;est certes un pas dans la bonne direction, mais nous demeurons dans un dispositif d&rsquo;assistance sociale plus intelligent et simple pour les bénéficiaires.<a href="http://www.senat.fr/senateur/percheron_daniel83047w.html"></a></p>



<p><a href="http://www.senat.fr/senateur/percheron_daniel83047w.html"><strong>M. Daniel Percheron&nbsp;</strong></a><strong>, rapporteur&nbsp;</strong>.&nbsp;<strong>&#8211;&nbsp;</strong>Vous n&rsquo;avez pas évoqué un critère qui nous amènera à la réflexion. S&rsquo;il y a expérimentation, avec toutes les limites, les incertitudes, les inconvénients et les chances que vous avez soulignées, elle ne peut se faire que dans les territoires où l&rsquo;économie de marché ne remplit pas son rôle. Bien entendu, il y a des catégories et des populations en difficulté. Mais il existe aussi des territoires qui sont également en difficulté. La Belgique comme les bassins miniers du Nord-Pas-de-Calais ont subi des séismes économiques et des drames sociaux. Lorsque, dans ces territoires, comme cela a été quantifié, le marché ne peut pas ramener la prospérité, le revenu universel peut fournir progressivement une approche instillant la fameuse dynamique que vous avez évoquée. C&rsquo;est important. Pour nous, les critères économiques sont vraisemblablement décisifs dans la pédagogie de l&rsquo;explication&nbsp;: tel territoire rural qui voit le marché absent et donc la précarité s&rsquo;imposer&nbsp;ou tel territoire de reconversion industrielle où le marché est vraiment absent au moins à moyen terme peut nous aider à aller progressivement sur la dynamique que vous avez soulignée.<a href="http://www.senat.fr/senateur/vanlerenberghe_jean_marie01034p.html"></a></p>



<p><a href="http://www.senat.fr/senateur/vanlerenberghe_jean_marie01034p.html"><strong>M. Jean-Marie Vanlerenberghe&nbsp;</strong></a><strong>, président&nbsp;</strong>.&nbsp;<strong>&#8211;&nbsp;</strong>Ce sera une bonne conclusion, qui appelle néanmoins une réponse.</p>



<p><strong>M. Philippe Van Parijs&nbsp;</strong>.&nbsp;<strong>&#8211;&nbsp;</strong>Peut-être, car chaque cas est différent. Pour aller de l&rsquo;avant, il faut toujours une coalition efficace entre trois catégories d&rsquo;acteurs&nbsp;: des visionnaires &#8211; d&rsquo;où mon plaidoyer pour l&rsquo;utopie et la définition d&rsquo;une direction où aller &#8211; des catalyseurs d&rsquo;énergie, qui vont dans la rue pour remettre en cause l&rsquo;actuel système, ainsi que des bricoleurs, qui parviennent à saisir les interstices du système et les occasions politiques qui permettent d&rsquo;aller de l&rsquo;avant. Pour cela, on a besoin d&rsquo;élus et de personnalités politiques comme vous, qui à la fois comprennent l&rsquo;importance d&rsquo;aller dans une certaine direction et ont suffisamment d&rsquo;expérience pour saisir les occasions.<a href="http://www.senat.fr/senateur/percheron_daniel83047w.html"></a></p>



<p><a href="http://www.senat.fr/senateur/percheron_daniel83047w.html"><strong>M. Daniel Percheron&nbsp;</strong></a><strong>, rapporteur&nbsp;</strong>.&nbsp;&#8211; Ce que vous avez évoqué sur le consensus relève davantage, dans la France d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, du territoire limité que du débat national, voire référendaire. On a pu le voir en Suisse. C&rsquo;est au niveau d&rsquo;un territoire ou de plusieurs que l&rsquo;on peut obtenir l&rsquo;accord fondamental.</p>



<p><strong>M. Philippe Van Parijs&nbsp;</strong>.-&nbsp;La mobilité entre les territoires est une menace pour ce type de dispositif.<a href="http://www.senat.fr/senateur/vanlerenberghe_jean_marie01034p.html"></a></p>



<p><a href="http://www.senat.fr/senateur/vanlerenberghe_jean_marie01034p.html"><strong>M. Jean-Marie Vanlerenberghe&nbsp;</strong></a><strong>, président&nbsp;</strong>.&nbsp;&#8211;&nbsp;Merci beaucoup pour votre intervention de cet après-midi et d&rsquo;être venu de Bruxelles spécialement pour nous parler de cette allocation universelle.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h4 class="wp-block-heading">B. AUDITION DE M. CHRISTOPHE SIRUGUE, DÉPUTÉ, AUTEUR DU RAPPORT «&nbsp;REPENSER LES MINIMA SOCIAUX &#8211; VERS UNE COUVERTURE SOCLE COMMUNE&nbsp;», REMIS AU PREMIER MINISTRE<a href="http://www.senat.fr/senateur/vanlerenberghe_jean_marie01034p.html"></a></h4>



<p><a href="http://www.senat.fr/senateur/vanlerenberghe_jean_marie01034p.html"><strong>M. Jean-Marie Vanlerenberghe&nbsp;</strong></a><strong>, président&nbsp;</strong>&#8211; Nous avons le plaisir d&rsquo;accueillir notre collègue député Christophe Sirugue, au titre du travail qu&rsquo;il a effectué, en qualité de parlementaire en mission, sur la réforme des minima sociaux.</p>



<p>Monsieur le député, votre travail a débouché sur la remise d&rsquo;un rapport au Premier ministre le 18 avril dernier que vous avez intitulé&nbsp;: «&nbsp;Repenser les minima sociaux &#8211; Vers une couverture socle commune&nbsp;».</p>



<p>Vous proposez dans votre rapport trois pistes d&rsquo;actions, d&rsquo;inégale ambition&nbsp;: des mesures de simplifications immédiatement susceptibles d&rsquo;être mises en oeuvre, une réduction par deux des minima sociaux par regroupement de certaines des dix allocations existantes à ce jour, enfin une réforme très ambitieuse conduisant à l&rsquo;instauration d&rsquo;une couverture socle «&nbsp;unique&nbsp;» commune à tous, et qui serait le cas échéant assortie de prestations sociales complémentaires pour régler certaines situations.</p>



<p>Notre mission commune d&rsquo;information a souhaité pouvoir vous entendre et échanger avec vous car, à l&rsquo;occasion de cette réflexion menée sur la réforme des minima sociaux, vous vous êtes intéressé au revenu de base. Mais, si vous vous êtes penché sur le revenu de base,&nbsp;vous l&rsquo;avez néanmoins écarté, en considérant qu&rsquo;il ne constituait pas la solution la plus pertinente pour l&rsquo;objectif que vous poursuiviez, à savoir la lutte contre les exclusions.</p>



<p>Nous souhaiterions donc tout particulièrement que vous puissiez nous éclairer sur les raisons qui vous ont conduit à cette solution.</p>



<p>Avant de vous laisser la parole, peut-être notre rapporteur, Daniel Percheron, souhaite-t-il compléter mon propos et vous poser quelques questions&nbsp;?<a href="http://www.senat.fr/senateur/percheron_daniel83047w.html"></a></p>



<p><a href="http://www.senat.fr/senateur/percheron_daniel83047w.html"><strong>M. Daniel Percheron&nbsp;</strong></a><strong>, rapporteur&nbsp;</strong>&#8211; La France est la République la plus «&nbsp;sociale&nbsp;»&nbsp;: le financement de la protection sociale représente 34&nbsp;% de son produit intérieur brut (PIB).</p>



<p>Dans son rapport, Christophe Sirugue passe de l&rsquo;univers kafkaïen des aides sociales, dont seuls les conseils départementaux possèdent les clés au nom de la proximité, à l&rsquo;esquisse d&rsquo;une fable de La Fontaine dont la morale serait que la protection sociale est pour tous une exigence, une réalité et un succès amplement démontré. Je vais laisser le charme opérer depuis la Saône-et-Loire, terre de complexité&#8230; <a href="http://www.senat.fr/senateur/percheron_daniel83047w.html"></a></p>



<p><strong>M. Christophe Sirugue, député&nbsp;</strong>&#8211; Après une telle introduction, la barre est haute&nbsp;!</p>



<p>Vous l&rsquo;avez rappelé dans votre propos introductif, la mission qui m&rsquo;a été confiée ne portait pas sur la mise en place d&rsquo;un revenu universel, mais sur l&rsquo;évaluation des différents minimas sociaux existants. Le rapport que j&rsquo;ai remis au Premier ministre a donc consisté à étudier les dix minimas sociaux existants en France, et à faire quelques constats qui sont relativement préoccupants&nbsp;: si nous avons une couverture sociale extrêmement développée dans notre pays, force est de constater qu&rsquo;elle est parfois difficilement accessible, très souvent injuste si l&rsquo;on considère le fait qu&rsquo;à ressources identiques on peut relever de dispositifs différents, et d&rsquo;une grande complexité pour les personnes qui en sont les allocataires mais aussi pour ceux qui instruisent les demandes d&rsquo;aide.</p>



<p>Nos minimas sociaux sont le fruit de notre histoire et de la réponse apportée à certains problèmes à différentes périodes. Ce sont donc des dispositifs juxtaposés, sans que personne n&rsquo;ait cherché à organiser un quelconque lien entre eux. Ceci explique le manque de cohérence entre ces dispositifs. Par principe, ces minimas correspondent à des statuts&nbsp;: tel statut ouvre droit à tel minimum social. Ceci est une source d&rsquo;iniquité importante, puisque les ressources de référence prises en compte dans le calcul des minimas sont différentes&nbsp;: certains sont soumis à forfait &#8211; par exemple, un forfait logement est pris en compte dans le calcul du revenu de solidarité active (RSA) -, les critères d&rsquo;âge sont variables &#8211; parfois légitimement, pour ce qui est notamment de l&rsquo;allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA)&nbsp;-, certains donnent lieu à des exonérations fiscales, d&rsquo;autres non, certains ont un montant est un différentiel, d&rsquo;autres un montant fixe&#8230;</p>



<p>Par ailleurs, les droits connexes, qui représentent parfois un apport complémentaire de revenus important, sont variables d&rsquo;un minimum social à l&rsquo;autre. Ces aides ont outre une connotation différente&nbsp;: personne ne reprochera à un allocataire de percevoir l&rsquo;ASPA ou l&rsquo;allocation adulte handicapée (AAH), alors qu&rsquo;il existe des débats récurrents autour de la légitimité du RSA.</p>



<p>La commande du Gouvernement fixait à la mission qui m&rsquo;a été confiée trois objectifs relatifs à l&rsquo;accès au droit, à la simplification et à l&rsquo;équité, et formulait deux recommandations&nbsp;: être vigilant quant à l&rsquo;impact des évolutions proposées sur les opérateurs&nbsp;et essayer de réaliser une évaluation financière des propositions.</p>



<p>À l&rsquo;issue de nos travaux, nous avons proposé trois scénarios. Un premier scénario que je qualifie de «&nbsp;paramétrique&nbsp;», essaie de tenir compte des dix minimas sociaux existants, sans remettre en cause la philosophie des minimas par statut. Ce modèle propose d&rsquo;harmoniser les «&nbsp;bases ressources&nbsp;» des aides, les périodes de référence &#8211; actuellement cela peut aller de l&rsquo;année n-2 jusqu&rsquo;aux trois derniers mois -, de clarifier la question de leur individualisation ou de leur familialisation, et d&rsquo;avancer sur la question de l&rsquo;âge d&rsquo;éligibilité &#8211; il s&rsquo;agit en l&rsquo;occurrence pour moi d&rsquo;une réflexion qui doit valoir pour tous les scénarios.</p>



<p>Maintenir les minimas sociaux existants tout en essayant d&rsquo;harmoniser leurs paramètres n&rsquo;est pas un exercice aisé à opérer, surtout au regard de l&rsquo;écart des sommes qui sont versées entre l&rsquo;aide la plus faible, qui s&rsquo;élève à 340 euros, et l&rsquo;aide la plus élevée qui est de 807&nbsp;euros.</p>



<p>Le deuxième scénario s&rsquo;inspire de ce que préconisait la Cour des comptes&nbsp;: regrouper les minimas sociaux par «&nbsp;pôles&nbsp;». Je n&rsquo;ai pas complètement suivi la classification de la Cour, et je propose pour ma part cinq pôles&nbsp;: un pôle relatif au handicap dans lequel on retrouve l&rsquo;AAH et l&rsquo;allocation supplémentaire d&rsquo;invalidité (ASI), qui semblent devoir faire l&rsquo;objet d&rsquo;une harmonisation ; un pôle concernant les personnes âgées, qui comporte l&rsquo;ASPA&nbsp;; un pôle relatif à l&rsquo;aide en direction des demandeurs d&rsquo;asile, qu&rsquo;il me paraissait difficile de regrouper avec d&rsquo;autres aides ; un pôle relatif au revenu minimum qui comprendrait le RSA, l&rsquo;allocation veuvage, le revenu de solidarité dans l&rsquo;outre-mer (RSO), ainsi que les autres dispositifs relevant de la même logique&nbsp;; enfin, un pôle constitué par l&rsquo;allocation de solidarité spécifique (ASS) .</p>



<p>Au départ, la commande était de fusionner le RSA et l&rsquo;ASS, mais l&rsquo;étude que j&rsquo;ai menée montre que cela risquerait de faire un nombre de perdants substantiels chez les bénéficiaires de l&rsquo;ASS. Je plaide toutefois pour une réforme de l&rsquo;ASS qui est censée accompagner les demandeurs d&#8217;emploi en fin de droit et où l&rsquo;on retrouve des personnes bénéficiaires depuis plus de dix ans. C&rsquo;est une forme d&rsquo;hypocrisie que d&rsquo;avoir un dispositif qui accompagne les personnes jusqu&rsquo;à l&rsquo;âge de la retraite sans le dire. Je suis donc favorable à ce que l&rsquo;on réduise la durée de versement de l&rsquo;ASS à deux ans, période à l&rsquo;issue de laquelle les personnes basculeraient vers le RSA.</p>



<p>Le troisième scénario, qui a ma préférence, consiste sortir de la logique de statut pour revenir au droit commun. Il s&rsquo;agit d&rsquo;avoir un socle de couverture commun permettant un traitement équitable des différentes situations qui en relèvent. Ce socle, de 400&nbsp;euros, serait assorti de deux compléments&nbsp;: un complément pour les personnes dans l&rsquo;impossibilité de travailler, qu&rsquo;elles soient âgées ou handicapées, pour arriver à un montant comparable à celui de l&rsquo;AAH et de l&rsquo;ASPA&nbsp;; un complément de 100&nbsp;euros pour les personnes inscrites dans un processus d&rsquo;insertion, ce qui permettrait une légère amélioration par rapport au montant actuel &#8211; hors forfait logement, le montant du RSA est de 477 euros. Surtout, ce dispositif serait totalement individualisé, ce qui fait permettrait une amélioration substantielle de la situation des personnes en couple.</p>



<p>La question qui se pose est de savoir comment revaloriser l&rsquo;idée qu&rsquo;on a vocation à sortir des minimas sociaux. Je suis frappé par le fait qu&rsquo;on apprécie la question des minimas sociaux indépendamment des politiques d&rsquo;insertion. Or, si les minimas sociaux ont toute leur utilité pour les personnes qui n&rsquo;ont pas d&rsquo;autre possibilité que de relever de ces dispositifs, il en est tout autrement des personnes dont notre devoir est de les amener à en sortir.</p>



<p>Cela pose la question des politiques d&rsquo;insertion. Le constat, c&rsquo;est qu&rsquo;il y a un effondrement des moyens consacrés aux politiques d&rsquo;insertion dans notre pays. Alors qu&rsquo;au moment du revenu minimum d&rsquo;insertion (RMI) il existait une obligation de consacrer 20&nbsp;% de l&rsquo;enveloppe de l&rsquo;aide aux politiques d&rsquo;insertion, cette obligation a disparu depuis. Un peu plus de 7&nbsp;% des montants des allocations versées sont actuellement consacrés aux politiques d&rsquo;insertion, alors même que nous aurions besoin d&rsquo;actions fortes dans ce domaine.</p>



<p>Les politiques d&rsquo;insertion sont essentiellement menées par les conseils départementaux, qui sont dans une situation financière difficile compte tenu des politiques sociales qu&rsquo;ils mènent par ailleurs au profit des personnes handicapées, des personnes âgées et des personnes en situation d&rsquo;exclusion. Mais je ne suis pas sûr que cela soit la seule explication de la baisse des moyens consacrés à l&rsquo;insertion.</p>



<p>Ayant été président de conseil départemental, je m&rsquo;autorise à être sévère avec les départements. Aujourd&rsquo;hui, dans beaucoup de départements, les politiques d&rsquo;insertion ne comportent plus d&rsquo;éléments innovants. La plupart du temps, on se contente de continuer à financer les chantiers et les structures d&rsquo;insertion existants&nbsp;; parfois les subventions diminuent. Mais il n&rsquo;existe quasiment plus d&rsquo;innovation sociale en matière d&rsquo;insertion. J&rsquo;ai d&rsquo;ailleurs échangé sur ce point avec le président de l&rsquo;Assemblée des départements de France. J&rsquo;ai donc proposé que le paiement du RSA soit renationalisé ou recentralisé &#8211; mais pas intégralement afin qu&rsquo;il reste une forme d&rsquo;incitation en direction des départements &#8211; au risque de voir sinon cette politique publique nationale être déclinée très différemment d&rsquo;un département à un autre. Les déclarations entendues ici ou là montrent que ce risque existe&#8230;</p>



<p>Une autre question importante et non réglée est celle du pilotage territorial du service public de l&#8217;emploi. Lorsque l&rsquo;on regarde ce qu&rsquo;il se passe sur nos territoires,&nbsp;je ne suis pas sûr que les difficultés résultent d&rsquo;un manque de moyens. Si l&rsquo;on considère les moyens de Pôle emploi, des missions locales, de Cap emploi, des maisons de l&#8217;emploi, etc., je suis même intimement convaincu que c&rsquo;est moins une question de moyens que d&rsquo;organisation de l&rsquo;action du service public de l&#8217;emploi. Cet élément n&rsquo;a pas été clarifié&nbsp;: nous avons donné des compétences économiques aux régions, des compétences d&rsquo;insertion aux départements, nous laissons émerger des agglomérations qui interviennent dans ces domaines, mais l&rsquo;État continue de vouloir jouer un rôle sur l&rsquo;ensemble de ces politiques. Or, la révision générale des politiques publiques (RGPP) étant passée par là, il ne reste plus beaucoup de personnel suffisamment formé dans les préfectures et sous-préfectures pour pouvoir appuyer l&rsquo;action menée. Cela ne se produit que lorsqu&rsquo;un sous-préfet est mobilisé sur ces questions et décide d&rsquo;animer les choses.</p>



<p>Il me semble que le troisième scenario, qui permet de créer un socle unique, est un point de départ pour la mise en place éventuelle d&rsquo;une allocation universelle.</p>



<p>Ce débat ne peut toutefois pas avoir lieu sans que soit posée la question de la fiscalité, qui dépasse le champ qui était celui de mon rapport.</p>



<p>Au-delà des questions techniques, il faudrait également s&rsquo;interroger sur la finalité d&rsquo;une telle allocation&nbsp;: s&rsquo;agit-il d&rsquo;un complément de revenu, d&rsquo;une substitution aux dispositifs et allocations existants à dépense constante ou d&rsquo;une transformation de notre système d&rsquo;aides sociales&nbsp;?</p>



<p>Mettre en oeuvre un revenu universel dont le niveau serait suffisant pour vivre poserait la question du rapport de notre société au travail.</p>



<p>Même si des expérimentations ont pu être menées à l&rsquo;étranger, nous ne disposons pas aujourd&rsquo;hui de retours d&rsquo;expérience suffisants pour nous appuyer sur un modèle. L&rsquo;exemple de l&rsquo;Alaska, basé sur la rente pétrolière, est difficilement transposable, et l&rsquo;expérimentation finlandaise n&rsquo;est que partielle et présente une certaine incertitude juridique.</p>



<p>Quoi qu&rsquo;il en soit, il est nécessaire, avant d&rsquo;avoir un débat plus approfondi sur la question, de mettre en oeuvre un socle unique comme le propose le troisième scenario de mon rapport.<a href="http://www.senat.fr/senateur/percheron_daniel83047w.html"></a></p>



<p><a href="http://www.senat.fr/senateur/percheron_daniel83047w.html"><strong>M. Daniel Percheron&nbsp;</strong></a><strong>, rapporteur&nbsp;</strong>.&nbsp;&#8211;&nbsp;Quel regard portez-vous sur l&rsquo;expérimentation «&nbsp;territoires zéro chômeur de longue durée&nbsp;» d&rsquo;une part, et sur la garantie jeunes d&rsquo;autre part&nbsp;?</p>



<p><strong>M. Christophe Sirugue, député&nbsp;</strong>. &#8211; J&rsquo;ai soutenu ces deux dispositifs en tant que député.</p>



<p>Concernant l&rsquo;expérimentation «&nbsp;zéro chômeur&nbsp;», qui consiste à offrir un CDI à des personnes en situation d&rsquo;exclusion, le dispositif ne résout pas la question de la sortie du dispositif. Si on n&rsquo;envisage pas l&rsquo;accompagnement en termes de parcours, on maintient les personnes dans l&rsquo;exclusion et la stigmatisation, à l&rsquo;image des limites de l&rsquo;allocation de solidarité spécifique (ASS).</p>



<p>La garantie jeunes fonctionne bien. Elle s&rsquo;adresse à un public choisi et volontaire et s&rsquo;appuie sur la mobilisation d&rsquo;entreprise. Sa généralisation ne doit pas la transformer en droit opposable, sous peine de remettre en cause son efficacité.</p>



<p>Plus largement, je pense qu&rsquo;il faut distinguer la politique publique de l&rsquo;outil utilisé, et ne pas réduire l&rsquo;une à l&rsquo;autre.<a href="http://www.senat.fr/senateur/vanlerenberghe_jean_marie01034p.html"></a></p>



<p><a href="http://www.senat.fr/senateur/vanlerenberghe_jean_marie01034p.html"><strong>M. Jean-Marie Vanlerenberghe&nbsp;</strong></a><strong>, président&nbsp;</strong>. &#8211; Les dispositifs de lutte contre l&rsquo;exclusion se caractérisent par une trop grande incohérence dans le pilotage des différents acteurs&nbsp;: Pôle emploi, les missions locales, les départements&#8230; Chacun a un point de vue qui est légitime du fait de ses missions propres, mais cette diversité ne permet pas une action efficace.</p>



<p>Je partage par ailleurs votre interrogation sur la place de la valeur travail.</p>



<p><strong>M. Christophe Sirugue, député&nbsp;</strong>.&nbsp;<strong>&#8211;&nbsp;</strong>Il existe plusieurs approches de cette question. On sait que les évolutions technologiques auront un effet sur le nombre d&#8217;emplois offerts par l&rsquo;économie. Le revenu universel doit-il traduire un changement de paradigme&nbsp;?<a href="http://www.senat.fr/senateur/loisier_anne_catherine14205j.html"></a></p>



<p><a href="http://www.senat.fr/senateur/loisier_anne_catherine14205j.html"><strong>Mme Anne-Catherine Loisier&nbsp;</strong></a>.&nbsp;&#8211;&nbsp;Quelle efficacité peut avoir le revenu de base dans la lutte contre la pauvreté, et quel regard portez-vous sur la réforme mise en oeuvre au Royaume-Uni&nbsp;?</p>



<p><strong>M. Christophe Sirugue, député&nbsp;</strong>. &#8211; Le revenu universel peut s&rsquo;inscrire dans le cadre d&rsquo;une politique de lutte contre la pauvreté en permettant un reformatage des dispositifs existants.</p>



<p>L&rsquo;exemple anglais a des limites&nbsp;: il a fait beaucoup de «&nbsp;perdants&nbsp;» et a entraîné une explosion des coûts liés à la fusion des opérateurs plutôt que des économies de gestion.</p>



<p>Plus largement, je me méfie des modèles, qui ne tiennent pas compte des spécificités de chaque pays. Notre système de sécurité sociale est unique dans son champ. Il couvre de nombreux domaines qui relèvent ailleurs de la logique assurantielle.</p>



<p>Le scénario 3 de mon rapport nécessite d&rsquo;approfondir les études avant de pouvoir être mis en pratique.<a href="http://www.senat.fr/senateur/rome_yves11046l.html"></a></p>



<p><a href="http://www.senat.fr/senateur/rome_yves11046l.html"><strong>M. Yves Rome&nbsp;</strong></a>.&nbsp;&#8211; Seul le travail monétarisé est évoqué dans le rapport. Or il existe de multiples secteurs d&rsquo;activité qui créent du bien-être et qui ne sont pas solvables au sens de l&rsquo;économie de marché.</p>



<p>C&rsquo;est une vieille lune de croire que la numérisation de la société va faire disparaître bon nombre de métiers traditionnels. On oublie de dire qu&rsquo;elle en créé de nombreux autres. L&rsquo;économie collaborative fait émerger de nouvelles activités qui finissent par être monétarisées. Je recevais ce matin le fondateur de Heetch, qui a déjà transporté plus de 3&nbsp;millions de passagers en moins de trois ans, et qui fournit à des jeunes une activité et un complément de revenu d&rsquo;en moyenne de 6000&nbsp;euros par an. Ce type de changements que peut apporter l&rsquo;économie collaborative n&rsquo;est pas suffisamment pris en compte.</p>



<p>Il existe de nombreux secteurs de l&rsquo;économie liés au bien vivre ensemble qui permettent l&rsquo;émergence de nouvelles activités et qui redonnent aux personnes une apparence d&rsquo;utilité sociale. Pour lutter contre l&rsquo;isolement des personnes âgées maintenues à domicile, j&rsquo;avais par exemple mis en place dans mon département des «&nbsp;visiteurs de convivialité&nbsp;», car ce dont souffrent le plus les personnes âgées, c&rsquo;est de la solitude.</p>



<p>S&rsquo;agissant du revenu universel, il n&rsquo;y a pas de modèle, et les différentes pistes méritent d&rsquo;être creusées. La vraie question qui se pose est de savoir quelle fiscalité adopter. Si l&rsquo;on reste dans le système d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, il ne sera pas possible d&rsquo;avancer. En revanche, si l&rsquo;on prend en compte les évolutions très fortes qui traversent l&rsquo;organisation de la société et de la production, il y a peut-être d&rsquo;autres leviers fiscaux qui pourraient être utilisés afin de solvabiliser un éventuel revenu de base.<a href="http://www.senat.fr/senateur/percheron_daniel83047w.html"></a></p>



<p><a href="http://www.senat.fr/senateur/percheron_daniel83047w.html"><strong>M. Christophe&nbsp;</strong></a><strong>Sirugue, député&nbsp;</strong>. &#8211; Je ne vais pas transposer ici les débats sur la&nbsp;«&nbsp;loi travail&nbsp;», mais il ne faudrait pas faire comme s&rsquo;il y avait un vase communiquant entre les emplois qui disparaissent et ceux qui émergent. La réalité, c&rsquo;est que les nouveaux emplois ne correspondent pas forcément à ceux que l&rsquo;on connaît aujourd&rsquo;hui.</p>



<p>Une des difficultés, lorsque l&rsquo;on considère l&rsquo;économie collaborative, c&rsquo;est la qualification de la relation entre le donneur d&rsquo;ordre et celui qui exécute la tâche.&nbsp;Sur ce point il faut être prudent, car requalifier en salariat les activités exercées pose un vrai problème, tout comme oublier qu&rsquo;il s&rsquo;agit quasiment de relations de gré à gré.</p>



<p>Le travail continue à être l&rsquo;élément prédominant de la situation d&rsquo;une personne dans la société, soit par la ressource qu&rsquo;elle en retire, soit grâce à la place qu&rsquo;elle occupe socialement. L&rsquo;émergence de ces nouveaux emplois, qui ne sont pas comme ceux que l&rsquo;on connaît aujourd&rsquo;hui, pose une vraie difficulté et appelle à être vigilant.</p>



<p>Je ne sous-estime pas le fait que l&rsquo;économie du numérique puisse créer des emplois. Mais malheureusement, on ne perd pas autant d&#8217;emplois qu&rsquo;on en créé, et on ne crée pas le même type d&#8217;emplois.</p>



<p>Je ne comprends pas comment on peut aborder la question de la mise en place d&rsquo;un revenu universel sans commencer par celle de la fiscalité. En soi, tout le monde peut être d&rsquo;accord avec l&rsquo;idée d&rsquo;un revenu universel, mais le résultat peut être très différent selon le mode de financement choisi. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un aspect essentiel&nbsp;; si l&rsquo;on élude la question de la fiscalité, on se trompe. Si j&rsquo;avais dû faire un rapport sur le revenu universel, la moitié de mes travaux aurait porté sur la question du financement, et donc de la fiscalité.</p>



<p>En Finlande, les organisations syndicales défendent le revenu universel comme moyen de lutter contre la pauvreté, ce qui n&rsquo;est pas tout à fait la vision du Gouvernement. Pourtant il y a un accord sur l&rsquo;idée d&rsquo;expérimenter un revenu universel.</p>



<p>Certains collègues parlementaires ont introduit et soutenu l&rsquo;amendement Ayrault-Muet. Je regrette que ce débat ait pris la forme d&rsquo;un amendement et qu&rsquo;il n&rsquo;ait pas été posé sur la table et davantage étayé. Lors de la remise de ce rapport, j&rsquo;ai dit au Premier ministre que si la question était de savoir si ce que je proposais étaient les prémisses d&rsquo;un revenu universel, il serait nécessaire de lancer une nouvelle mission de six mois pour creuser le sujet. Mon rapport ne pose pas les bases du revenu universel, bien que l&rsquo;on puisse peut-être considérer que l&rsquo;existence d&rsquo;un socle commun constitue une première marche&#8230;<a href="http://www.senat.fr/senateur/camani_pierre11095v.html"></a></p>



<p><a href="http://www.senat.fr/senateur/camani_pierre11095v.html"><strong>M. Pierre Camani&nbsp;</strong></a>.&nbsp;&#8211; Je partage totalement ce qui vient d&rsquo;être dit : la question fiscale est essentielle. La mise en place d&rsquo;un revenu de base est inséparable d&rsquo;une réforme fiscale.</p>



<p>Une expérimentation locale, à l&rsquo;échelle d&rsquo;une intercommunalité ou d&rsquo;un département, ne pourrait-elle pas nous permettre d&rsquo;avancer sur le sujet&nbsp;? Encore une fois, la problématique est tellement complexe qu&rsquo;aucune solution n&rsquo;est idéale.<a href="http://www.senat.fr/senateur/percheron_daniel83047w.html"></a></p>



<p><a href="http://www.senat.fr/senateur/percheron_daniel83047w.html"><strong>M. Christophe&nbsp;</strong></a><strong>Sirugue, député&nbsp;</strong>.&nbsp;&#8211; Il y a quelques jours, la Suisse a voté sur l&rsquo;introduction d&rsquo;un revenu de base. Suite à un débat agité, le référendum s&rsquo;est traduit par un refus.</p>



<p>Quand on a un projet qui est aussi ambitieux que celui-là, qui vient chahuter de manière forte des piliers entiers de notre modèle social, deux options sont possibles: soit il convient de préparer la réforme quatre ou cinq ans à l&rsquo;avance, en organisant de grands champs de concertation, d&rsquo;analyse, de confrontations ainsi qu&rsquo;un grand débat public ; soit on considère qu&rsquo;il faut expérimenter &#8211; mais si l&rsquo;expérimentation est réalisée sur un échantillon trop faible, il y aura toujours des personnes pour expliquer que les conclusions ne sont pas fiables.</p>



<p>Il faut par ailleurs se poser la question du financement existant de la redistribution, qui n&rsquo;est pas que fiscal &#8211; je pense notamment aux aides sociales. La question est de savoir comment faire, en cas d&rsquo;expérimentation d&rsquo;un revenu de base, pour isoler correctement les différentes sources de financement de l&rsquo;aide sociale.</p>



<p>L&rsquo;intérêt d&rsquo;une expérimentation, c&rsquo;est qu&rsquo;elle soit menée dans les conditions les plus proches possibles de ce que l&rsquo;on veut faire. L&rsquo;échantillon doit être suffisamment important, de même que la durée d&rsquo;expérimentation.<a href="http://www.senat.fr/senateur/vanlerenberghe_jean_marie01034p.html"></a></p>



<p><a href="http://www.senat.fr/senateur/vanlerenberghe_jean_marie01034p.html"><strong>M. Jean-Marie Vanlerenberghe&nbsp;</strong></a><strong>, président&nbsp;</strong>. &#8211; Je suis en convergence totale avec vous&nbsp;: il faut une réflexion en profondeur sur le financement du revenu de base par la fiscalité. Mais une telle réforme fiscale constituerait une révolution&#8230; Voulons-nous aller jusque-là&nbsp;?<a href="http://www.senat.fr/senateur/percheron_daniel83047w.html"></a></p>



<p><a href="http://www.senat.fr/senateur/percheron_daniel83047w.html"><strong>M. Daniel Percheron&nbsp;</strong></a><strong>, rapporteur&nbsp;</strong>.&nbsp;&#8211; Notre collègue député a été lumineux. Il a présidé un conseil départemental et il est l&rsquo;un de ces contremaîtres à la française, artisans d&rsquo;un État-providence&nbsp;qui est, même si l&rsquo;air du temps ne permet pas d&rsquo;entendre, le plus complet en Europe. Face à la mondialisation, à la crise, aux nouvelles technologies, le malentendu est en train de s&rsquo;installer.</p>



<p>À aucun moment, dans la réponse à la crise, il n&rsquo;y a eu de vraie tentative de mise cohérence des minimas sociaux. Après les Trente Glorieuses, sous le septennat de Valérie Giscard d&rsquo;Estaing, on est passé de 32&nbsp;% à 39&nbsp;% de prélèvements obligatoires pour répondre à la crise. En 2008, ce sont les amortisseurs sociaux qui ont permis que la crise épargne relativement les français.</p>



<p>Cette complexité et cette absence de cohérence des minimas sociaux nous privent d&rsquo;une véritable «&nbsp;traçabilité&nbsp;» dans le domaine social. C&rsquo;est dans ce contexte que renaît l&rsquo;idée d&rsquo;un revenu universel et ce besoin, face aux nouvelles technologies, face à la panne de l&rsquo;ascenseur social, face au piétinement de la jeunesse devant l&#8217;emploi, de trouver une solution et de réinvestir dans l&rsquo;État. Car c&rsquo;est aussi de lui qu&rsquo;on attend les solutions de demain.</p>



<p>Il y a un dans ce domaine un cadre de savoir-faire qui me semble s&rsquo;imposer&nbsp;: le département, qui a failli disparaître, mais dans le cadre duquel le travail de proximité peut prendre toute sa place.</p>



<p>Il est des territoires, comme le Nord-Pas-de-Calais, où les mutations durent depuis 30, 40, 50 ans, où l&rsquo;économie de marché ne parvient pas à ramener la prospérité et où le chômage des jeunes atteint parfois 40, 45&nbsp;%, comme en Espagne. Ce sont des territoires où le revenu de base peut ouvrir des perspectives. Il nous faudra peut-être l&rsquo;envisager. D&rsquo;autant plus que dans ces territoires qui doutent, où la crise se prolonge, où les mutations à peine achevées voient arriver d&rsquo;autres mutations, les forces de protestation deviennent petit à petit majoritaires. Nous ne sommes plus dans le cadre d&rsquo;un débat politique classique. Les forces de négation et de protestation gagnent du terrain.<a href="http://www.senat.fr/senateur/vanlerenberghe_jean_marie01034p.html"></a></p>



<p><a href="http://www.senat.fr/senateur/vanlerenberghe_jean_marie01034p.html"><strong>M. Jean-Marie Vanlerenberghe&nbsp;</strong></a><strong>, président&nbsp;</strong>. &#8211; Je pense qu&rsquo;il faut éviter de tomber dans un débat où l&rsquo;émotion et la subjectivité prennent trop de place. L&rsquo;idée d&rsquo;un revenu de base est un peu révolutionnaire, utopique&#8230;<a href="http://www.senat.fr/senateur/percheron_daniel83047w.html"></a></p>



<p><a href="http://www.senat.fr/senateur/percheron_daniel83047w.html"><strong>M. Daniel Percheron&nbsp;</strong></a><strong>, rapporteur&nbsp;</strong>.&nbsp;&#8211; C&rsquo;est une utopie réaliste&nbsp;!<a href="http://www.senat.fr/senateur/vanlerenberghe_jean_marie01034p.html"></a></p>



<p><a href="http://www.senat.fr/senateur/vanlerenberghe_jean_marie01034p.html"><strong>M. Jean-Marie Vanlerenberghe&nbsp;</strong></a><strong>, président&nbsp;</strong>. &#8211; Ce que j&rsquo;ai beaucoup apprécié dans le travail de Christophe Sirugue, c&rsquo;est qu&rsquo;il a apporté de la méthode dans un domaine qui en manque.</p>



<p>Je ne rêve pas de revenir à la planification, car c&rsquo;est révolu. Mais faire une matrice de tout ce qui existe, comme vous l&rsquo;avez fait, identifier le domaine du possible et expérimenter, avec méthode et gradualité, je pense que c&rsquo;est la voie que nous devrions essayer de suivre.<a href="http://www.senat.fr/senateur/percheron_daniel83047w.html"></a></p>



<p><a href="http://www.senat.fr/senateur/percheron_daniel83047w.html"><strong>M. Daniel Percheron&nbsp;</strong></a><strong>, rapporteur&nbsp;</strong>.&nbsp;&#8211; Le rapport Sirugue est une première tentative de cohérence. C&rsquo;est dans cette perspective que nous devons avancer.<a href="http://www.senat.fr/senateur/vanlerenberghe_jean_marie01034p.html"></a></p>



<p><a href="http://www.senat.fr/senateur/vanlerenberghe_jean_marie01034p.html"><strong>M. Jean-Marie Vanlerenberghe&nbsp;</strong></a><strong>, président&nbsp;</strong>. &#8211; Absolument.</p>
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		<title>Contribution à France Stratégie 2017/2027</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc de Basquiat]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 May 2016 18:20:41 +0000</pubDate>
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<p>France Stratégie a lancé début 2016 une réflexion de fond sur les « Nouvelles formes du travail et de la protection des actifs&nbsp;».</p>



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<p>L&rsquo;AIRE était invitée à présenter ses propositions au débat du 10 mai.</p>



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<figure data-wp-context="{&quot;imageId&quot;:&quot;69dab3e317c9e&quot;}" data-wp-interactive="core/image" data-wp-key="69dab3e317c9e" class="wp-block-image size-large wp-lightbox-container"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" width="709" height="473" data-wp-class--hide="state.isContentHidden" data-wp-class--show="state.isContentVisible" data-wp-init="callbacks.setButtonStyles" data-wp-on--click="actions.showLightbox" data-wp-on--load="callbacks.setButtonStyles" data-wp-on-window--resize="callbacks.setButtonStyles" data-id="934" src="https://i0.wp.com/impotnegatif.fr/wp-content/uploads/2024/01/Basquiat_FS2016-1.webp?resize=709%2C473&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-934" srcset="https://i0.wp.com/impotnegatif.fr/wp-content/uploads/2024/01/Basquiat_FS2016-1.webp?w=709&amp;ssl=1 709w, https://i0.wp.com/impotnegatif.fr/wp-content/uploads/2024/01/Basquiat_FS2016-1.webp?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w" sizes="auto, (max-width: 709px) 100vw, 709px" /><button
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<p>« Une piste fréquemment évoquée est celle du renforcement d’un socle de droits sociaux universels. Cette note présente quelles réformes sont nécessaires pour parvenir à dissocier du travail trois domaines majeurs de notre protection sociale, à savoir le système de soins de santé, la politique familiale et le soutien financier à la subsistance. Ce dernier objectif est atteint par la mise en place progressive d’un Revenu d’existence, combiné à une rénovation de l’impôt sur le revenu. »</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



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